BFMTV

Primaire à gauche: entre "victoire de la gauche" et "disparition programmée du PS"

Benoît Hamon, le 29 janvier 2017.

Benoît Hamon, le 29 janvier 2017. - AFP

REVUE DE PRESSE - La victoire de Benoît Hamon est un signe d'une volonté de faire entendre les valeurs de la gauche, estime les éditorialistes.

Face au libéral Manuel Valls, Benoît Hamon, incarnation de la gauche sociale, a remporté dimanche soir la primaire de la Belle Alliance Populaire. Cette large victoire du représentant de l'aile gauche de la gauche, avec plus de 58% des suffrages, est analysé comme une victoire de... la gauche, selon la presse.

"La gauche gagne la primaire" titre Le Parisien/Aujourd'hui en France qui note que "le peuple de gauche a clairement fait savoir qu'il attend un candidat et un PS... à gauche toute", alors que la participation a été en hausse pour ce second tour avec près de deux millions de votants, contre 1,6 dimanche dernier.

"Pourquoi donc s'étonner que la gauche vote à gauche comme on lui demande de voter, comme la droite vote à droite pour choisir son champion?", s'interroge également Yves Harté dans Sud-Ouest.

Le PS n'est pas "mort"

En choisissant Benoît Hamon, ex-frondeur qui avait reçu vendredi le soutien de Martine Aubry, le Parti socialiste s'offre "un candidat de la 'vraie gauche'", note Cécile Cornudet dans Les Echos, en opposition à "'la vraie droite' qui mobilise et montre une image d'union derrière François Fillon". "Et si la surprise de cette campagne présidentielle hors norme était qu'il n'y en avait pas ?", interroge le quotidien économique.

"Pourquoi donc s'étonner que la gauche vote à gauche comme on lui demande de voter, comme la droite vote à droite pour choisir son champion?", s'interroge également Yves Harté dans Sud-Ouest.

Dans Libération, qui parle de victoire d'une "gauche de gauche", ce résultat prouve même que le PS qu'on disait "mort" et qu'"il bouge encore et (que) ses chances de survie s'accroissent". Dans Le Figaro, Guillaume Tabard reconnaît que "rien n'est écrit pour la gauche. La victoire de Benoît Hamon, sa hausse dans notre sondage, viennent battre en brèche la dernière évidence en date: la disparition programmée du Parti socialiste".

"Tube de colle"

Toutefois, rien n'est gagné pour la candidat désigné de la gauche. "La victoire de Benoît Hamon a permis de désigner un candidat. Mais elle annonce déjà de nouvelles joutes", prévient François Ernenwein dans La Croix qui estime que "l'arbitrage des électeurs de la primaire n'a pas éteint les clivages". Et ce alors que plusieurs soutiens de Manuel Valls ont déjà annoncé leur intention de rallier Emmanuel Macron.

"Si tout est possible, rien n'est jamais sûr et le vrai défi de Hamon est de réunir ceux qui ont encore envie de gauche", opine Hervé Chabaud dans L'Union. Les Dernières Nouvelles d'Alsace estime que Benoît Hamon va "devoir éviter l'explosion de sa famille politique" et semble douter qu'il puisse être "le porte-drapeau crédible d'un Parti socialiste en lambeaux qu'il a lui-même contribué à déchirer". "Si Benoît Hamon a gagné quelque chose hier, c'est un tube de colle. Ne lui reste plus qu'à recoller les morceaux du parti socialiste", ironise Mickaël Tassart dans Le Courrier picard.

dossier :

Benoît Hamon

J.C. avec AFP