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L'ancien socialiste Le Drian tacle le PS et évoque son "lent suicide"

Jean-Yves Le Drian

Jean-Yves Le Drian - Sina Schuldt / dpa / AFP

Encarté plus de 40 ans au parti d'Épinay, le ministre des Affaires étrangères estime que le PS a payé ses "enfermements successifs".

En voilà un qui ne regrette pas d'avoir quitté Solferino. Dans un long entretien accordé au Parisien ce week-end, largement consacré à la politique étrangère, Jean-Yves Le Drian décoche quelques flèches assassines contre le Parti socialiste, où il a été encarté plus de 40 ans. 

Le ministre des Affaires étrangères commence par énumérer les "quatre grands rendez-vous" ratés par le PS, évoquant ensuite son "lent suicide".

"Dès l’élection de François Hollande, une part significative du parti est entrée en dissidence", constate le président de la Bretagne, faisant référence aux frondeurs qui ont déstabilisé le précédent quinquennat. 

"On aboutit à de l'inexistant"

Jean-Yves Le Drian reproche ensuite aux sympathisants socialistes d'avoir choisi Benoît Hamon, "un ennemi de Hollande", pour les représenter à l'élection présidentielle de 2017. Une échéance où le PS a obtenu le dramatique score de 6,36%, et à l'issue de laquelle, selon le ministre des Affaires étrangères, il y a eu un "rendez-vous manqué avec Emmanuel Macron".

"Au lieu de chercher un compromis avec En Marche, le PS est tout de suite entré dans l'opposition", déplore l'ex-ministre de la Défense de François Hollande. 

L'intéressé revient également sur la réponse apportée, d'après lui, par le PS à la crise des gilets jaunes: "Voter une motion de censure avec la France insoumise où certains se réjouissaient d’une insurrection. À force d’enfermements successifs, on aboutit à de l’inexistant."

À deux semaines des élections européennes, la liste PS-Place publique conduite par l'essayiste Raphaël Glucksmann est à la peine. Dans la moyenne des sondages, elle est créditée d'un score oscillant entre 4,5 et 5%, de quoi agiter le spectre d'une disparition totale des socialistes français au Parlement européen.

Jules Pecnard