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Campements de migrants: Hidalgo appelle l'État à "changer d'approche"

Anne Hidalgo

Anne Hidalgo - Philippe LOPEZ / AFP

La maire de Paris a dénoncé les conditions de prise en charge des migrants dans la capitale. "C'est l'État qui a les cartes en main", prévient-elle.

"La situation est inhumaine". La maire de Paris Anne Hidalgo appelle l'État à "changer d'approche" en matière de prise en charge des migrants, pour éviter la multiplication des campements insalubres comme dans le nord de la capitale, dans un entretien au Parisien à paraître vendredi.

"Des campements indignes comme celui-ci, j'en ai vu des dizaines en trois ans. Et si l'État ne change pas d'approche, il y en aura d'autres", affirme Anne Hidalgo, en référence à un campement de plus de 1600 personnes qui grossit depuis plusieurs semaines près de la porte de la Villette.

"L'État a tenu à changer de dispositif"

Ce campement a pris de l'ampleur depuis la fermeture début avril du "centre humanitaire" également installé dans le nord de Paris, porte de la Chapelle. Avec 25.000 personnes prises en charge, ce centre créé mi-2016 "a bien fonctionné" mais "l'État a tenu depuis à changer de dispositif", avec des structures liant hébergement et examen administratif, souligne Anne Hidalgo.

"À l'évidence, le nouveau système qu'il a mis en place ne permet pas de prévenir la réapparition de campements de rue" et "le Défenseur des Droits l'a très bien souligné", ajoute la maire de Paris, pour qui "il faut donc d'urgence que l'État retravaille cela, en lien avec les villes et les associations".

"Nous n'avons eu qu'un accusé de réception"

"C'est l'État qui a les cartes en main: c'est lui qui est légalement responsable de l'accueil, de l'hébergement et de l'examen administratif des réfugiés", insiste-t-elle en jugeant toutefois nécessaire "une grande alliance des villes, des associations et de l'État".

Avec Alain Juppé et Martine Aubry notamment "nous avons écrit au président de la République pour lui proposer d'agir ensemble. C'était en janvier. Nous n'avons eu qu'un accusé de réception", déplore l'édile.

Anne Hidalgo se dit "prête à la création de nouveaux lieux qui seraient une vraie alternative". Elle avait déjà évoqué la mise à disposition d'une aire pour les gens du voyage dans le Bois de Boulogne, un lieu "viabilisé, avec de l'eau, de l'électricité".

P.L avec AFP