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Anne Hidalgo: les raisons du désamour

La maire de Paris veut mettre en place de nouvelles aides en faveur des véhicules propres.

La maire de Paris veut mettre en place de nouvelles aides en faveur des véhicules propres. - Philippe Lopez - AFP

De gauche à droite, l'opinion s'est habituée aux polémiques qui accompagnent chacune des batailles environnementales d'Anne Hidalgo dans la capitale. Sa propre famille politique, elle, est déçue de son manque d'investissement. Le désamour que vit Anne Hidalgo a des raisons qui fragilisent son avenir politique.

Au lendemain de la présidentielle remportée par Emmanuel Macron, le PS est en ruine. Mais au lieu d'accourir au chevet de son parti affaibli, Anne Hidalgo préfère fonder le collectif Dès demain aux côtés de Christiane Taubira et Martine Aubry. Un trio qui en impose à gauche. La popularité de la maire de Paris est alors au sommet chez les sympathisants de son bord politique. On lui prête déjà une réélection dans un fauteuil à la tête de la capitale, voire un avenir élyséen. Neuf mois plus tard, tout s'est écroulé.

Dans une étude de l'institut Elabe pour Les Echos publiée ce vendredi, Anne Hidalgo se maintient au quatrième rang chez les sympathisants de gauche mais elle a perdu 23 points de popularité, passant de 55% à 32% d'opinions favorables. Surtout, elle échoue en ce début d'année 2018 très loin du trio de tête: Jean-Luc Mélenchon (66%), Nicolas Hulot (57%) et Benoît Hamon (52%). Le premier est l'opposant en chef du président de la République, le deuxième (plébiscité dans le classement général et chez les sympathisants En Marche) est au gouvernement en incarnant l'écologie à la française et le troisième a pris la tangente socialo-écolo au lendemain de sa débâcle présidentielle.

Hidalgo: une idée, une polémique

A l'échelle du pays, seuls 18% des Français ont une bonne opinion d'Anne Hidalgo. Moins 12 points en 9 mois, pour un résultat qui fleure bon ceux de François Hollande en fin de règne. Le nom d'Anne Hidalgo est devenu synonyme de polémiques: voies sur berges, diesel, circulation, propreté des trottoirs. Au global, "sa politique environnementale à Paris" est mal perçue, pointe le chargé des études chez Elabe, Vincent Thibault. "Une idée d'Anne Hidalgo et c'est une nouvelle polémique dans l'opinion. La répétition du phénomène, expose-t-il, impacte son image".

Quand l'édile dit conviction, l'opinion répond crispation. Fiasco, hurle l'opposition. Sur BFMTV et RMC, Anne Hidalgo désignait en septembre "la fachosphère, les réacs, les néo-réacs, les gros machos" pour expliquer ses troubles de popularité et son discours caricaturé. Au final, ses projets pour Paris lui ont fait perdre 20 points dans la capitale sur la même période (de 36% en mai 2017 à 16% en février 2018). 

Ni opposante à Macron, ni impliquée au PS

Ce ne sont pourtant pas que ses ambitions environnementales qui plombent Anne Hidalgo chez les sympathisants de gauche et pourraient assombrir son avenir à Paris, elle qui assure désormais vouloir vivre les Jeux olympiques de 2024 au balcon de l'Hôtel de ville. Un succès de prestige après les échecs de 2008 et 2012 dont elle n'a tiré aucun crédit tant la partie a semblé jouée d'avance.

Lors de cette séquence, elle a été vue complice du chef de l'Etat. Or, ce qui plombe Anne Hidalgo, à Paris comme au-delà du périphérique, c'est la déception d'une partie de la gauche à son endroit. Un arrière-goût dont personne ne peut aujourd'hui mesurer les effets au moment de glisser le bulletin dans l'urne, dans deux ou quatre ans. 

"Anne Hidalgo n'est pas dans l'opposition frontale à Emmanuel Macron" (contrairement à la période 2014-2016 où le chef de l'Etat était ministre de l'Economie, NDLR) pointe Vincent Thibault. La maire de Paris n'incarne pas non plus le futur du PS: les sympathisants de gauche "ont pu croire qu'elle se lancerait dans la bataille du parti" et, au contraire, "elle en reste très éloignée". "Cette distance passe mal", analyse le sondeur. 

En même temps, Anne Hidalgo a lu les chiffres: à la présidentielle 35% des Parisiens ont voté Emmanuel Macron, 27% François Fillon, 20% Jean-Luc Mélenchon et seulement 10% Benoît Hamon. Pour 2020, elle devra composer avec ces chiffres. Sa cote de popularité en est une autre qui ouvre des perspectives à ses opposants. Marcheurs, Républicains ou Insoumis.

dossier :

Anne Hidalgo

Samuel Auffray