BFMTV

Loi "anti-casseurs": le député Courson dénonce une "dérive" et évoque Vichy 

Le député centriste Charles de Courson à l'Assemblée nationale le 18 octobre 2016.

Le député centriste Charles de Courson à l'Assemblée nationale le 18 octobre 2016. - AFP/Bertrand Guay

Fils de résistant, le député centriste de la Marne s'est vivement alarmé mercredi des pouvoirs qu'accorderait la proposition de loi à l'autorité administrative pour circonscrire le droit de manifester.

Assouplie ou non, la proposition de loi "anti-casseurs" de la droite sénatoriale aura provoqué d'intenses débats à l'Assemblée nationale. Mercredi, alors qu'était en discussion un amendement porté par La République en marche, le député centriste Charles de Courson a dénoncé vigoureusement l'une des dispositions du texte.

Il s'agit de son article 2, censé permettre au préfet d'interdire un individu de manifester. "On se croit revenu sous le régime de Vichy!", a tonné le membre du groupe Libertés et Territoires, d'ordinaire beaucoup plus mesuré vis-à-vis du gouvernement.

"Réveillez-vous, mes chers collègues!"

"Ce texte est fondamentalement anticonstitutionnel, puisqu’une autorité administrative pourra priver un individu de sa liberté de circuler et de manifester au motif qu’il existe une présomption, 'des raisons sérieuses de penser (...) que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public'. Mais où sommes-nous, mes chers collègues? C’est une dérive complète!", estime le député UDI de la Marne. 

Suscitant les vives protestations des parlementaires LaREM, Charles de Courson a maintenu son propos: "Mais oui, mes chers collègues, je persiste: le régime de Vichy! Vous êtes présumé résistant, donc on vous enferme. Mais où sommes-nous? Réveillez-vous, mes chers collègues!" 

"Une folie"

Accusé par un députée de la majorité d'avoir sorti les "violons", l'élu UDI, fils de résistant durant la Seconde Guerre mondiale, s'est ensuite emporté. "Le jour où une droite extrême sera au pouvoir et où vous serez dans l’opposition, vous verrez! C’est une pure folie que de voter ce texte", a-t-il prévenu, sous les applaudissements nourris des groupes insoumis et communiste. 

"Je m’adresse aux nombreux collègues de la majorité qui désapprouvent absolument cet article, qui savent que c’est une folie. (...) Seule une autorité judiciaire peut décider d’une interdiction, sur la base de faits dangereux, après condamnation", a poursuivi Charles de Courson, visiblement agacé. 

Interrompues, les discussions autour de la loi "anti-casseurs" reprendront vendredi matin dans l'hémicycle, comme le révèle La Chaîne parlementaire. 

Jules Pecnard