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Loi anti-casseurs: la reconnaissance faciale plébiscitée par trois amendements LR

Plusieurs amendements soulignent la nécessité d'intégrer des technologies de reconnaissance faciale aux systèmes de vidéoprotection pour faciliter l'identification des "individus dangereux au sein d’une manifestation".

En ce contexte de tensions à l'égard de l'exécutif, ce qui était jusqu'alors envisagé pour lutter contre le terrorisme se décline désormais aux simples manifestants. Dans le cadre de l'examen à l'Assemblée nationale de la loi "anti-casseurs", plusieurs amendements viennent suggérer la piste de la reconnaissance faciale pour renforcer les systèmes de vidéoprotection. Tous trois ont été remarqués par Marc Rees, journaliste spécialisé chez NextInpact.

Trois amendements distincts

Les trois amendements, rédigés par trois groupes différents de députés Les Républicains, sont en substance similaires. Ils soulignent l'intérêt de la combinaison entre reconnaissance faciale et la vidéoprotection pour procéder à "l’identification des individus dangereux au sein d’une manifestation".

Le dispositif suggéré s'appuierait sur la comparaison entre les images issues de systèmes de vidéoprotection et deux fichiers-clés: celui des empreintes digitales, géré par le ministère de l'Intérieur, et celui des personnes recherchées. Les modalités d'application, dont la nature des informations enregistrées, la durée de leur conservation ainsi que le spectre des autorités et personnes y ayant accès, restent à définir.

Ces dernières semaines, plusieurs hommes politiques sont montés au front pour défendre ce dispositif de surveillance. Ainsi d'Eric Ciotti, co-rédacteur de l'un des amendements, et député des Alpes-Maritimes. Quelques jours auparavant, invité sur LCI, le maire de Nice Christian Estrosi avait plaidé en faveur de la création d’un fichier sur les casseurs. "Il faut changer la loi et utiliser la reconnaissance faciale pour les casseurs", avait-t-il alors maintenu.

Une idée recyclée

Petit à petit, l’idée du couplage de la reconnaissance faciale aux systèmes de vidéoprotection fait son chemin. Comme le relevait une enquête des Echos, les maires sont de plus en plus nombreux à faire installer des caméras dans leurs rues. Leur renforcement grâce à l'intelligence artificielle et aux dispositifs de reconnaissance faciale reste une piste régulièrement évoquée. 

En la matière, Nice garde une longueur d'avance. Elle comprend 2.145 caméras sur la voie publique et 170 dans les rames du tramway, pour ses quelque 34.4000 habitants. La ville va plus loin en déclinant des expérimentations de reconnaissance faciale à son aéroport, mais également à l'un de ses lycées.

Mi-janvier, un projet de "vidéosurveillance des émotions" en milieu urbain a entraîné une levée de boucliers, notait Libération. Face à cette initiative consistant à analyser les visages des passagers pour repérer des comportements suspects, les élus de l'opposition avaient dénoncé un "outil intrusif" et une "perte de liberté". L'idée avait été avancée dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, et non pour prévenir les comportements violents de manifestants.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech