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L'Assemblée vote la possibilité pour le président d'assister au débat au Congrès

Emmanuel Macron arrivant à Versailles le 9 juillet 2018.

Emmanuel Macron arrivant à Versailles le 9 juillet 2018. - Charles PLATIAU / POOL / AFP

Après son discours à Versailles, Emmanuel Macron était sorti de la salle du Congrès, laissant place aux groupes politiques pour un débat sans vote "hors de sa présence".

L'Assemblée nationale a voté, dans la nuit de lundi à mardi, la possibilité pour le président de la République d'assister au débat après son intervention devant le Congrès, via une série d'amendements identiques, entre autres des UDI-Agir, au projet de révision de la Constitution.

A l'issue d'un vif débat, ce changement -qui enlève la formule "en dehors de sa présence" de l'article 18 de la Constitution- a été voté par 40 voix contre 13, une semaine après l'annonce surprise d'Emmanuel Macron devant le Parlement à Versailles.

Soutenu notamment par la ministre de la Justice Nicole Belloubet, il n'a pas fait l'objet d'un amendement du gouvernement ou de la majorité, des élus d'opposition dénonçant un "revirement", voire un "coup monté".

"J'ai demandé au gouvernement de déposer, dès cette semaine, un amendement au projet de loi constitutionnelle qui permettra que, lors du prochain Congrès, je puisse rester non seulement pour vous écouter, mais pour pouvoir vous répondre", avait lancé Emmanuel Macron, à la veille de l'examen du projet de révision de la Constitution au Palais Bourbon.

Opposition des Insoumis et communistes

Après son discours, le président était sorti de la salle du Congrès, laissant place aux groupes politiques pour un débat sans vote "hors de sa présence". Ce droit d'adresse du chef de l'Etat a été gravé en 2008 à l'initiative de Nicolas Sarkozy. Depuis 1875, le président de la République ne pouvait qu'envoyer un message lu aux deux Chambres.

En vain, des Insoumis et communistes ont tenté de faire supprimer ce droit d'adresse en l'état, "scénographie autoritaire" pour les premiers, "atteinte à la séparation des pouvoirs" à laquelle même "le député de Rugy" s'était opposé en 2008, selon André Chassaigne.

La ministre comme le chef de file LaREM Richard Ferrand ont défendu cette possibilité. Mais, a objecté Danièle Obono (LFI), "ce qui devait être un fait exceptionnel est devenu annuel par la volonté de Jupiter, un discours de politique générale".

C.V. avec AFP