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Emmanuel Macron fait son bilan annuel devant le Congrès

Le président de la République en Congrès à Versailles, le 3 juillet 2017.

Le président de la République en Congrès à Versailles, le 3 juillet 2017. - Eric Feferberg - pool - AFP

Le président réunit ce lundi pour la deuxième fois de son mandat les deux chambres du Parlement, Assemblée nationale et Sénat. Le contexte est plus difficile que l'année dernière, alors qu'il fait face à une baisse de popularité.

Le président de la République Emmanuel Macron tiendra ce lundi et pour la deuxième fois depuis le début du mandat un discours de politique générale devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Cette réunion, ayant à l'origine vocation à voter les révisions constitutionnelles, s'est tenue 19 fois sous la Ve République. Traditionnellement, les députés et sénateurs quittent le Palais Bourbon et le Palais du Luxembourg pour la Salle du Congrès du Château de Versailles.

Un rendez-vous annuel pour Emmanuel Macron

Cette tradition de prendre la parole devant les deux chambres du Parlement a été remise au goût du jour avec la révision constitutionnelle de Nicolas Sarkozy. La loi du 23 juillet 2008 permet au président de "prendre la parole devant le Parlement réuni à cet effet en Congrès". "Sa déclaration peut donner lieu, hors sa présence, à un débat qui ne fait l'objet d'aucun vote", est-il précisé dans le texte. Emmanuel Macron, qui est le premier président à user de ce droit deux années de suite, a fait la promesse de réunir le Congrès chaque année jusqu'au terme de son mandat, un peu à la manière du président américain et son discours sur l'état de l'Union.

Les grands dossiers au programme

Cette année, outre la révision constitutionnelle entamée, devraient être au programme du discours de politique générale les grands chantiers des derniers mois: les projets de loi sur l'immigration et l'asile, le droit à l'erreur, l'avenir professionnel et les "fake news".

L'an dernier, Emmanuel Macron, tout juste élu, avait fixé le cap de son action pour le quinquennat à venir. Il avait notamment annoncé sa réforme des institutions. C'est aussi l'occasion pour le Président d'aborder "les grandes lignes" des réformes à venir dans les prochains mois afin de mener "la transformation du pays", selon les précisions de l'Elysée. Le discours n'a cependant pas vocation à "entrer dans le détail des annonces". 

Une cote de popularité en baisse

Selon le dernier baromètre de l'institut Elabe pour Les Echos et Radio Classique, six Français sur 10 déclarent ne pas faire confiance au président de la République, avec 34% d'opinions favorables seulement. Une tendance baissière constatée dans plusieurs sondages réalisés au mois de juin, dont le baromètre Kantar Sofres One Point (-6 points) et le sondage Harris Interactive (-7 points). Dans cette dernière étude, il chute notamment dans ce dernier de 19 points chez les proches du parti LR. Le Congrès de Versailles apparaît comme un exercice délicat alors que le Président est critiqué à gauche comme à droite.

Des absents de tous bords

L'assistance sera composée des deux chambres, Sénat et Assemblée nationale, soit, en théorie, 925 personnes - 577 députés et 348 sénateurs. En théorie seulement, car les rangs risquent d'être clairsemés. Comme c'était le cas l'an passé, les députés Insoumis ont déjà fait savoir qu'ils ne seraient pas de la partie. 

D'autres élus isolés devraient faire de même, comme la députée écologiste Esther Benbassa - qui ne veut pas répondre "aux convocations d'un prince" -, Marie-Noëlle Lienneman (PS), Fabien Di Filippo (LR) ou Gilbert Collard (RN). Le député du Morbihan Paul Molac est le seul membre de la majorité à boycotter l'événement, dont il confiait au Figaro "ne pas comprendre l'utilité". 

Avant le discours prévu à 15h, Emmanuel Macron a convié à déjeuner les chefs de file des différents groupes parlementaires. Une invitation refusée par les têtes de groupes LR de l'Assemblée et du Sénat. 

Une ardoise qui fait grincer des dents

Cette année, le Congrès coûtera 286.000 euros, contre 293.000 l'an dernier, selon une information du Parisien. Une facture qui s'expliquerait par le prix de la captation audiovisuelle, de l'installation électrique et des infrastructures à destination des médias. Un montant qui fait en tout cas grincer bien des dents. Le député de Moselle Fabien Di Filippo (LR) a ainsi fustigé "de la communication politique à 500.000 euros".

C.R.