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François de Rugy s'attaque aux privilèges des fonctionnaires de l'Assemblée nationale

Le président de l'Assemblée nationale François de Rugy, le 8 novembre 2017 au Palais Bourbon à Paris.

Le président de l'Assemblée nationale François de Rugy, le 8 novembre 2017 au Palais Bourbon à Paris. - Christophe Archambault - AFP

"D'ici un mois", le président de l'Assemblée nationale veut prendre des premières mesures pour réformer la fonction publique parlementaire. Les salaires des fonctionnaires du Palais Bourbon sont en première ligne.

"Le changement au Parlement, c'est maintenant", a insisté ce jeudi matin le président de l'Assemblée nationale au micro de RTL. François de Rugy a présenté mercredi les grandes lignes de la réforme qu'il compte mener.

Sont notamment épinglées les rémunérations des fonctionnaires de l'Assemblée nationale, car les députés sont loin d'être ceux qui gagnent le plus sous le toit du Palais Bourbon. En janvier dernier, une enquête de l'émission Capital révélait qu'un agent pouvait espérer plus de 3700 euros net par mois, quelque 4000 euros pour les assistants, jusqu'à 17.300 euros pour le secrétaire général de la chambre parlementaire.

Le fonctionnaire tenant la fameuse buvette de l'Assemblée gagnerait-il ainsi plus que les députés qu'il sert, interroge RTL? "C'est possible", a répondu ce jeudi François de Rugy, "parce que depuis longtemps il y a des choses qui se sont accumulées dans le statut des fonctionnaires de l'Assemblée, (notamment) la façon dont les rémunérations sont définies".

Dans ce cas précis, le bénéfice du doute ira au serveur de la buvette, faute de précisions sur son statut: d'après les chiffres révélés par Capital, un technicien de la restauration toucherait en effet environ 4.000 euros nets, un cuisinier autour de 6700 euros, contre une indemnité mensuelle nette de 5 711,08 euros pour un député. A l'opposé des femmes de ménage de l'Assemblée, dont, en mars dernier, le député France insoumise François Ruffin avait dénoncé la précarité.

Trop de "primes exceptionnelles"

Toujours est-il que le président de l'Assemblée veut, après "des négociations avec les organisations syndicales" assure-t-il, réétudier "un certain nombre de primes exceptionnelles qui n'étaient plus fondées sur la réalitée des charges de travail".

Des primes qui équivaudraient à environ "60% de la rémunération, ce qui est assez éloigné de ce qui se fait en général dans le secteur public ou le secteur privé", rappelle François de Rugy.

Ce dernier veut également revoir la proportion de fonctionnaires et contractuels, actuellement d'environ 1150 pour 150. "Je pense que que demain on fera davantage appel à des contractuels (...) parce que cela nous donnera plus de souplesse (...) pour pouvoir mieux répondre aux besoins de l'Assemblée", suppose le député LaREM de Loire-Atlantique.

"Nous ne voulons pas être dépendants pour évaluer une politique fiscale"

Il explique en parallèle vouloir "renforcer les moyens d'expertise et d'évaluation propres, autonomes". "Nous ne voulons pas être dépendants du gouvernement pour évaluer, par exemple, une politique fiscale ou budgétaire, ou l'impact d'un amendement sur les impôts ou le budget", assure-t-il. Selon lui, l'Assemblée ne dispose pas aujourd'hui des moyens nécessaires pour ce faire.

"Si on fonctionnait comme hier, et bien il faudrait embaucher des fonctionnaires. Est-ce qu'on va embaucher les bonnes personnes, par concours, et ensuite ils seront embauchés pour 30 ou 40 ans?", interroge François de Rugy, qui veut prendre ses premières mesures "d'ici un mois".

Liv Audigane