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Bartolone absent du perchoir mardi par "souci d'apaisement": objectif manqué

Laurence Dumont a présidé mardi après-midi la séance de questions au gouvernement.

Laurence Dumont a présidé mardi après-midi la séance de questions au gouvernement. - Eric Feferberg - AFP

Claude Bartolone a été reconduit président de l'Assemblée nationale par les députés socialistes, mais reste critiqué par la droite. Manuel Valls lui a réitéré son soutien.

Claude Bartolone a préféré ne pas présider la première séance de questions au gouvernement après les élections régionales. C'est la vice-présidente socialiste Laurence Dumont qui a pris sa place au perchoir.

Son entourage a précisé que la décision avait été prise par "souci d'apaisement" alors que les députés LR souhaitaient qu'il se soumette de nouveau à un vote de l'ensemble des parlementaires pour être reconduit président de l'Assemblée.

Une absence qui n'a pas manqué d'être remarquée. Et l'objectif d'apaisement n'a pas vraiment été atteint.

Dans la salle des quatre colonnes, son prédécesseur, Bernard Accoyer a jugé que "le fait qu'il ne soit pas là montre qu'il bien qu'il y a un malaise et il faut qu'il le dissiper". Et pour le député LR, c'est devant "l'ensemble des députés" et pas seulement les socialistes qu'il aurait dû remettre son mandat en jeu.

Valls réitère son "soutien"

Le député LR Claude Goasguen a interpellé Manuel Valls sur les propos de Claude Bartolone et son absence du perchoir, y voyant "deux affronts". Il s'en est également pris au Premier ministre en lui reprochant de ne pas avoir condamné ces mots.

"Ces polémiques sont derrière nous", lui a répliqué le Premier ministre. Claude Bartolone "est président de l'Assemblée nationale et j'invite chacun à respecter précisément les institutions, les uns et les autres. Et plutôt qu'à chercher la polémique absurde et répétée, à nous respecter et à oeuvrer pour les Français", a lancé Manuel Valls. "Ce qu'ils attendent de nous, a-t-il poursuivi, c'est ça et pas ce genre de débats et de polémiques. Ces polémiques, elles sont derrière nous", a-t-il poursuivi.

Dans la foulée, avant de poser sa question, le député socialiste Philippe Martin a estimé que c'était une "chance pour l'Assemblée nationale d'avoir un grand président comme Claude Bartolone".

Le député LR Gérard Cherpion a ensuite regretté que le l'hôte de Matignon n'ait pas répondu à la question de son collègue avant d’évoquer ironiquement la "République exemplaire" chère à François Hollande.

Arrêter les "interventions péremptoires"

Sur les mêmes bancs, profitant d'une question sur l'emploi, le député LR Bernard Perrut a souligné l'absence de Claude Bartolone et dénoncé le "sectarisme que le président de l'Assemblée nationale a lui-même manifesté en Ile-de-France" avant de souhaiter "pleine réussite" à ses collègues Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Christian Estrosi et Hervé Morin.

Dans sa réponse, Manuel Valls a ironisé sur le "ton, l'ouverture et la modestie" du parlementaire de droite. "S'il y a une leçon à retenir" du dernier scrutin, c'est qu'il faut arrêter les "interventions péremptoires" sur des sujets comme la chômage.

"J'aurais aimé aussi que vous saluez quelle a été l'attitude de la gauche, a-t-il ajouté. C'est comme ça qu'on fait progresser le débat démocratique et la démocratie; et qu'on fait reculer l'extrême droite".

Si le front républicain a fonctionné pour faire barrage au FN, la "maison commune" que Manuel Valls appelle de ses voeux ou l'"autre géographie politique" défendue par Jean-Pierre Raffarin, semble bien loin.

Le député socialiste Daniel Vaillant a peut-être de quoi réconcilier tout le monde: "Si tous ceux qui ont été battus devaient quitter leurs responsabilités, il y en aurait un paquet non?".

Karine Lambin