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Affaire Cahuzac: pas de dysfonctionnement de l'Etat

Jérôme Cahuzac devant la commission d'enquête parlementaire mardi 23 juillet.

Jérôme Cahuzac devant la commission d'enquête parlementaire mardi 23 juillet. - -

Le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Cahuzac affirme que les soupçons de dysfonctionnement qui pesaient sur l'Etat sont écartés. Les députés de l'opposition, membres de la commission, ne sont pas du même avis...

La gestion par l'Etat de l'affaire Cahuzac n'a pas été émaillée de dysfonctionnements et les démarches menées par Bercy ont été "légales" et "opportunes", a déclaré mardi soir le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire, le député socialiste Alain Claeys.

Le projet de rapport de la commission, qui sera présenté début octobre, soulignera qu'il n'y a pas eu d'"entrave" à la justice, selon des députés de l'opposition, qui ajoutent cependant que ce pré-rapport ne répondra pas à la question centrale du dysfonctionnement de l'Etat.

"Personne ne dit qu'il y a eu entrave à la justice, ce n'est pas la question. Le sujet, c'est le dysfonctionnement de l'Etat", a réagi le député UMP Daniel Fasquelle, après que le rapporteur de la commission Alain Claeys a présenté aux membres du groupe d'enquête le plan de son projet de rapport, qui doit être publié le 14 octobre.

La fin du rapport divise la commission

Pour le moment, seule la première partie, qui traite de ce qui s'est passé avant les révélations de Médiapart le 4 décembre, fait consensus, a commenté Alain Clayes à la sortie de la commission.

Selon plusieurs députés, le projet stipule dans sa deuxième partie que "l'appareil d'Etat a réagi dans le respect de la légalité" et dans la troisième partie que la justice a fonctionné sans entrave une fois saisie. "On n'est pas allé au bout des choses. Si on en reste là, la commission n'aura servi à rien", a estimé Daniel Fasquelle.

Plus modéré, le président centriste de la commission Charles de Courson a souligné que la commission d'enquête avait "permis de progresser dans la révélation de la vérité" mais qu'il restait "deux points" de divergence entre majorité et opposition: "pourquoi le président de la République n'a pas réagi entre le 15 et le 18 décembre?", et "y a-t-il eu dysfonctionnement de l'administration fiscale, fallait-il la saisir?"

A quoi sert la commission?

Charles de Courson s'en était vivement pris au ministre des Finances Pierre Moscovici en juillet en estimant qu'avoir saisi le fisc suisse était une "erreur qui a accrédité la théorie de l'innocence de Jérôme Cahuzac".

La commission d'enquête avait été créée à l'initiative de l'UDI, peu après les aveux de l'ex-ministre sur la détention d'un compte bancaire non déclaré à l'étranger, ce qu'il avait nié durant plusieurs mois. Elle est chargée d'examiner s'il y a eu des dysfonctionnements au sein de l'Etat dans le cadre de cette affaire dont la justice est saisie.

Jérôme Cahuzac, qui a démissionné le 19 mars, a été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale après ses aveux du 2 avril. Il a été de nouveau été mis en examen le 11 septembre pour "déclaration incomplète ou mensongère de son patrimoine par un membre du gouvernement".

Le scandale a également poussé le président François Hollande à annoncer une série de mesures pour moraliser la vie politique qui ont été définitivement votées ce mardi par la Parlement après un ultime vote des députés.

A. G. avec AFP