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Pâques: le week-end où l'on parle politique en famille

Jean-Luc Mélenchon, prêt à en découdre.

Jean-Luc Mélenchon, prêt à en découdre. - BERTRAND LANGLOIS / AFP

Entre débats familiaux et dernier moment de calme avant le premier tour de l'élection présidentielle, le week-end de Pâques est propice au choix politique.

L'agneau pascal englouti, quelques bouteilles vidées, le sujet brûlant du moment, sur la table entre la poire et le fromage: l'élection présidentielle. Ce week-end de trois jours, au cours duquel les réunions familiales seront nombreuses, pourrait être le moment d'une "cristallisation" des intentions de vote, à une semaine d'un scrutin plus que jamais indécis.

Le moment est décisif: d'après notre éditorialiste Christophe Barbier, "c’est là qu’on va avoir, dans les familles de droite, la pression sur ceux qui ont quitté François Fillon pour aller chez Emmanuel Macron, dans les familles de gauche, le déchirement entre Hamon et Mélenchon. La cristallisation peut se faire lors de ce week-end d’agora privée."

De la place pour faire "bouger les lignes"

Le politologue Thomas Guénolé avertit cependant, "il n'y a aucun élément tangible à ma connaissance, aucun élément objectif qui permette de mesurer ce phénomène". Cependant, il est avéré que "plus l'élection approche, plus on essaie de se convaincre dans les cercles amicaux et familiaux".

Ce week-end de trois jours, à une semaine de l'élection, se prête particulièrement à l'exercice.

"C'est aussi un moment de calme qui va servir de catalyseur pour le choix politique", confirme l'historien de la politique Jean Guarrigues. Si, comparativement aux autres élections présidentielles, "c'est un peu tard pour faire basculer une campagne", cette fois "l'incertitude forte permet encore que des éléments de campagne fassent bouger les lignes."

Profiter d'une actualité calme

Aux yeux de Thomas Guénolé, cette parenthèse est surtout une "fenêtre de tir idéal pour les candidats".

"C'est le bon moment pour faire un 'coup', en plein désert médiatique, le candidat est sûr d'être beaucoup cité, commenté, analysé. Lorsqu'il était Premier ministre, Manuel Valls était spécialiste de ce genre d'opération pour faire une annonce forte."

Emmanuel Macron ne s'y est pas trompé, en organisant lundi son grand meeting à Bercy.

Louis Nadau