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Notre-Dame-des-Landes, une victoire pour le ministre Hulot

Nicolas Hulot

Nicolas Hulot - Eric Piermont - AFP

Il n'y aura pas d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Si pour certains observateurs, il s'agit là d'une victoire pour le ministre de la Transition écologique, l'intéressé ne voit pas les choses ainsi dans un entretien qu'il a accordé ce mercredi soir au Parisien.

Pour Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique écouté mais parfois aussi bousculé, l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes annoncé mercredi est une bonne nouvelle. Figure de proue de la lutte environnementale, il était opposé de longue date à ce "projet du XXe siècle", "ruineux, inhumain et inutile". Et beaucoup avaient fait du sort du dossier, paralysé depuis 50 ans, un marqueur de son influence réelle au sein du gouvernement, à même de le pousser à claquer la porte. Pour autant, dans un entretien paru ce mercredi soir sur le site du Parisien, Nicolas Hulot ne veut pas parler d'une "victoire". 

"Ce n’est pas le mot. Je pense que ce n’est la victoire de personne aujourd’hui et comme tout le monde, j’aurais préféré qu’une solution qui fasse un large consensus se dégage d’elle-même", dit-il. "Je suis convaincu que c’est la moins mauvaise des solutions qui a été retenue. Je ressens du soulagement car il était temps pour tout le monde de décider, et de passer à autre chose", enchaîne-t-il.

Au fil des années, Nicolas Hulot s'est rendu sur place plusieurs fois, accueilli d'ailleurs en 2011 par un fameux jet d'épluchures de carottes venu d'un opposant énervé, en pleine campagne de primaires écologistes pour la présidentielle. Notre-Dame-des-Landes, promesse de nouveaux sols bétonnés, est "un cas d'école de ce à quoi il va falloir renoncer", estimait-il dans un livre publié avant d'être ministre. Il questionnait aussi "la légitimité" du référendum de 2016 en faveur du nouvel aéroport, qui n'avait pas abordé les autres options.

"Il n'y a jamais eu de deal"

A-t-il pour autant posé le dossier sur la table avant d'accepter d'entrer au gouvernement en mai 2017? Début 2016, il avait décliné l'offre de ministère faite par François Hollande faute d'assurances sur un abandon du projet. L'intéressé assure qu'"il n'y a jamais eu de deal": "J'ai dit à Edouard Philippe et Emmanuel Macron quelles étaient mes convictions profondes. Mon opposition à ce nouvel aéroport était donc connue de tous".

Le candidat Macron s'était, dès février 2017, prononcé pour une médiation, se montrant plus ouvert qu'auparavant à une modernisation de l'actuel aéroport nantais. Reste que cette décision est "évidemment une victoire pour" Nicolas Hulot, estime Pascal Canfin, directeur du WWF. "Sa présence a été un élément clé pour amener le gouvernement sur cette position," juge-t-il. "Sa présence augmente le niveau d'exigence et d'ambition sur les sujets environnement, car il a le poids politique suffisant, même si ça ne veut pas dire qu'il gagne tout le temps".

Depuis la publication mi-décembre du rapport jugeant "raisonnablement envisageables" les deux options (Notre-Dame-des-Landes ou extension de Nantes-Atlantique), il est revenu dans le jeu, discrètement, aux côtés d'autres ministres, recevant les élus avec Edouard Philippe chargé de conduire le dossier. La députée PS et ex-ministre de l'Ecologie Delphine Batho a dit "'merci Nicolas'", estimant qu'il "a certainement oeuvré à la décision".

R.V. avec AFP