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Nicolas Sarkozy, cible de la manifestation géante à Paris

Les slogans lancés dans les cortèges et les banderoles brandies par les manifestants visaient notamment Nicolas Sarkozy lors de la plus grande manifestation à ce jour contre le projet de réforme des retraites en France, qui s'est tenue mardi à Paris. /Pho

Les slogans lancés dans les cortèges et les banderoles brandies par les manifestants visaient notamment Nicolas Sarkozy lors de la plus grande manifestation à ce jour contre le projet de réforme des retraites en France, qui s'est tenue mardi à Paris. /Pho - -

par Thierry Lévêque PARIS (Reuters) - La plus grande manifestation à ce jour contre le projet de réforme des retraites en France s'est tenue mardi à...

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - La plus grande manifestation à ce jour contre le projet de réforme des retraites en France s'est tenue mardi à Paris dans un cortège où slogans et banderoles visaient notamment Nicolas Sarkozy.

Les manifestants étaient en milieu d'après-midi 80.000 selon la préfecture de police, 270.000 selon la CGT, soit le double de la manifestation parisienne du 24 juin dernier, jusqu'ici jour de plus forte mobilisation, où ils avaient été 47.000 d'après la police et 130.000 selon les organisateurs.

Les derniers participants piétinaient encore place de la République plus d'une heure après le départ du cortège.

Derrière une banderole proclamant "Retraite solidaire, emploi, salaires, un enjeu de société", les leaders syndicaux Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Bernard Van Craeynest (CGC), notamment, ont ouvert la marche ensemble, radieux devant la foule. "Ça fait chaud au coeur de voir que notre appel a été entendu", a déclaré Bernard Van Craeynest.

Seul le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a fait bande à part. Dans des déclarations à la presse à l'écart de la tête du cortège, il n'a pas exclu le recours à une grève reconductible, option qui laisse les responsables de la CGT et de la CFDT plus sceptiques.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, venue avec une forte délégation de dirigeants de son organisation, se tenait debout au passage de la manifestation sous une banderole proclamant: "Une réforme juste est possible".

La dirigeante socialiste s'est brièvement entretenue avec Bernard Thibault devant les caméras et a critiqué à nouveau le projet du gouvernement.

"Dans notre pays, trois millions de personnes ont commencé à travailler avant 19 ans, on leur demande de travailler deux ans de plus, où est la justice ?", a-t-elle dit aux journalistes.

PANCARTES ANTI-SARKOZY

Pancartes et slogans visaient Eric Woerth, ministre du Travail chargé du dossier, souvent représenté en compagnie de Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal et femme la plus riche de France, qu'il est accusé d'avoir favorisé fiscalement.

Elles brocardaient souvent Nicolas Sarkozy, comme sur l'un d'elles le montrant avec Eric Woerth avec ce slogan: "Pour tous, la retraite à 60 ans, pour eux deux, la retraite tout de suite".

"Trois ans de règne du roi Sarko, 2007, le Fouquet's, 2010, deux ans de travail de plus pour les salariés, 2012, casse-toi pauv'con", lisait-on sur une autre pancarte, faisant référence à l'invective du chef de l'Etat lancée à un homme qui refusait de lui serrer la main en 2008 au Salon de l'Agriculture.

Les organisations d'extrême gauche avaient étendu leurs slogans au dossier de la sécurité, certaines pancartes des partisans du Nouveau parti anticapitaliste traitant le président de la République de "nazillon".

Comme c'est la tradition, les fonctionnaires ont fourni les gros bataillons des manifestants. Cependant, des salariés moins habitués à la manifestation étaient aussi de sortie, comme ceux des Monoprix parisiens, pour insister sur la difficulté de prolonger le travail dans les métiers pénibles physiquement.

Patricia Virfolet, salariée d'un magasin du XIIIe arrondissement, se disait prête à revenir dans la rue "la semaine prochaine s'il le faut".

"Il y a beaucoup de gens licenciés pour inaptitude à 50 ans, donc travailler deux ans de plus je ne vois comment on va faire. Ça va être vraiment un fardeau", expliquait-elle.

Des salariés du bâtiment, secteur traditionnellement peu syndicalisé, avaient formé un petit groupe derrière une banderole faite de dessins, montrant un ouvrier soulevant une charge à 20 ans, courbé à 40 ans et dans un cercueil à 60 ans.

Avec Reuters Télévision, édité par Gilles Trequesser