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Municipales: pourquoi Buzyn a quitté son ministère, contrairement à Philippe ou Darmanin?

Alors que ses homologues du gouvernement font campagne pour les municipales en conservant leurs ministères, Agnès Buzyn a démissionné de son poste de ministre de la Santé pour être candidate à la mairie de Paris.

Lundi, Agnès Buzyn, très émue, quittait son ministère de la Santé, pour devenir la tête de liste LaREM dans la course à la mairie de Paris après le retrait de Benjamin Griveaux. "Mon engagement est total, c'est pour ça que j'ai démissionné de mon poste de ministre", déclare Agnès Buzyn dans une interview au Parisien publiée mardi soir.

Pourtant, Gérald Darmanin, actuel ministre de l'Action et des Comptes publics, qui se présente lui aussi comme tête de liste, à Tourcoing (Nord), n'a pas quitté ses fonctions au gouvernement, tout comme le Premier ministre Édouard Philippe, candidat au poste de maire du Havre (Seine-Maritime). Pourquoi cette disparité de traitement?

  • La différence d'expérience
"On ne peut pas comparer. Edouard Philippe, comme Gérald Darmanin ou Franck Riester, ont été maires pendant des années: ils connaissent leur mairie par cœur. Moi, je connais parfaitement Paris, mais j'ai besoin d'être à 200% pour finaliser le programme et pour me faire connaître des Parisiens", explique Agnès Buzyn dans Le Parisien.

"On est dans des situations qui ne peuvent pas se comparer", a martelé la députée LaREM Aurore Bergé sur France Inter dès lundi. "Tant Edouard Philippe que Gérald Darmanin ont été maires soit du Havre, soit de Tourcoing, ils sont considérés presque comme des sortants dans cette élection, ce qui n'est absolument pas le cas d'Agnès Buzyn".

  • Une candidature précipitée

"D'autre part ils ont eu des candidatures qui étaient plus anticipées, beaucoup plus préparées, plus attendues que celle d'Agnès Buzyn à Paris", a continué Aurore Bergé. Benjamin Griveaux, désigné candidat cet été par LaREM, a en effet quitté brutalement la campagne, après la divulgation de vidéos et de messages intimes. Agnès Buzyn reprend les rênes à moins d'un mois du premier tour.

  • Des dossiers très forts au ministère de la Santé

Contacté par Franceinfo, le QG de campagne d'Agnès Buzyn évoque également une "actualité bouillante" qui interdisait le cumul des deux postes. Niveau santé nationale, l'épidémie de Covid-19 et les grèves aux urgences ont monopolisé l'actualité ces derniers temps. Côté municipales, la porte-parole de campagne évoque "une situation de crise à Paris". Agnès Buzyn devait donc choisir.

"Gérald Darmanin n'a pas de dossier particulièrement bouillant en ce moment" déclare également la porte-parole à Franceinfo. "J'imagine que ce serait plus compliqué pour lui si nous étions en pleine session budgétaire".
  • Paris, une candidature particulière

Pour rappel, d'autres personnalités issues du gouvernement et candidats à la mairie de Paris avaient également démissionné de leur poste ministériel. Ainsi, Benjamin Griveaux avait quitté son rôle de porte-parole du gouvernement lorsqu'il avait officialisé sa candidature à l'investiture LaREM pour la mairie de Paris. Candidat à la même investiture, Mounir Mahjoubi, alors secrétaire d'État chargé du numérique, avait également dû démissionner.

De plus, Agnès Buzyn compte exercer le poste de maire, si elle est élue, ce qui n'est pas le cas de ses anciens homologues. En effet, Franck Riester tête de liste à Coulommiers (Seine-et-Marne) et actuel ministre de la Culture, a déjà annoncé qu'en cas de victoire, si le président de la République lui demandait de rester au gouvernement, il laisserait sa place de maire au premier adjoint. Edouard Philippe a fait la même déclaration.

Salomé Vincendon