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Municipales: une dizaine de ministres officiellement candidats, d'autres hésitent encore

Une urne - Image d'illustration

Une urne - Image d'illustration - AFP

Alors que les candidatures doivent être déposées en préfecture d'ici le 27 février, plusieurs ministres sont encore indécis et n'ont toujours pas fait connaître leurs intentions.

Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron et Édouard Philippe encouragent leurs ministres, dont bon nombre sont issus de la "société civile", à se confronter au suffrage universel. "Il y en a assez du procès en déconnexion qu'on nous fait tout le temps", pestait un conseiller du Premier ministre dans les colonnes du Parisien en novembre.

Malgré les exhortations de l'exécutif, il semblerait que les candidatures aux municipales au sein du gouvernement ne se bousculent pas. Même s'il reste encore jusqu'au 27 février pour déposer sa liste en préfecture. Actuellement, sur les 37 membres que compte le gouvernement, ils sont une dizaine à s'être officiellement portés candidats, en tête ou sur une liste, et le suspense dure pour certains, y compris le premier d'entre eux. 

Des ministres qui, s'ils sont élus maires, devront faire un choix entre leur portefeuille ministériel et leur mandat local.

  • Ceux qui sont candidats

Dernier candidat déclaré en date, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin. Il a annoncé lundi dans un entretien à La Voix du Nord qu'il se représentait comme tête de liste à Tourcoing, ville du Nord qui l'avait déjà élu en 2014. 

À Paris, deux ministres ont décidé de rallier les listes du chef de file officiel pour La République en marche (LaREM) Benjamin Griveaux. La secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, qui se présente, mais pas en tête de liste, dans le XIVe arrondissement, et son homologue à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, qui sera candidate dans le XVIe arrondissement.

Le secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari sera quant à lui candidat sur la liste soutenue par LaREM à Limoges. À Mont-de-Marsan, la secrétaire d'État aux Armées Geneviève Darrieussecq, maire de la ville depuis 2008 et jusqu'à 2017, sera à nouveau candidate. 

Au sein du gouvernement, les tensions quant aux municipales se cristallisent à Biarritz, où deux ministres, Didier Guillaume à l'Agriculture, et le secrétaire d'État Jean-Baptiste Lemoyne ont annoncé leur candidature... sur des listes rivales. Le casus belli n'a pas encore été tranché par les instances de LaREM, ni par l'exécutif.

Le secrétaire d'État à l'Éducation Gabriel Attal figurera lui sur une liste à Vanves, dans les Hauts-de-Seine. Selon Mariannele ministre chargé des relations avec le Parlement Marc Fesneau sera candidat à Marchenoir, petite commune du Loir-et-Cher, dont il a été maire de 2008 à 2017.

Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités territoriales, avait annoncé en septembre être candidat à Vernon, dans l'Eure, mais il n'a pas encore précisé à quelle position il figurerait.

  • Ceux qui n'y vont pas

Une majorité de ministres et secrétaires d'État ont pour leur part décidé de ne pas se frotter au suffrage universel pour ce scrutin. Il s'agit de la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, de la garde des Sceaux Nicole Belloubet, du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, ainsi que sa secrétaire d'État Amélie de Montchalin.

La ministre des Armées Florence Parly ne sera pas non plus candidate, tout comme son homologue au Travail Muriel Pénicaud, à l'instar du ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, du locataire de Bercy Bruno Le Maire, du "premier flic de France" Christophe Castaner et de son secrétaire d'État Laurent Nuñez

Ne seront également pas en lice le secrétaire d'État auprès de Gérald Darmanin Olivier Dussopt, sa collègue ministre des Outre-Mer Annick Girardin, la ministre des Sports Roxana Maracineanu, et le nouveau secrétaire d'État chargé des retraites, Laurent Pietraszewski.

Malgré plusieurs rumeurs de candidatures auxquelles elle a coupé court, la secrétaire d'État à la Transition écologique Brune Poirson ne figurera pas non plus sur une liste, tout comme la secrétaire d'État chargée des personnes handicapées Sophie Cluzel, ou la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal.

Élue depuis 1983 au sein de l'équipe municipale de La Chaussée-Saint-Victor, dans le Loir-et-Cher, Jacqueline Gourault ne sera pas non plus candidate, tout comme Cédric O, secrétaire d'État à Bercy chargé du Numérique. 

Le ministre de la Ville Julien Denormandie, s'il sera impliqué dans la campagne des municipales du fait de son portefeuille ministériel, ne devrait pas être candidat, selon Le Figaro.

  • Ceux qui laissent planer le mystère

Certains n'ont pas encore indiqué s'ils seraient - ou non - candidats aux municipales. Y compris le Premier ministre, Édouard Philippe. Ce dernier devrait cependant lever le voile sur ses intentions d'ici la fin de la semaine. Le chef du gouvernement pourrait se présenter de nouveau au Havre, commune dont il a été maire de 2010 jusqu'à 2017, et dans laquelle il revient régulièrement. Le Premier ministre retournera d'ailleurs vendredi dans la préfecture de Seine-Maritime, pour un meeting destiné à lancer la campagne des municipales. L'occasion de dévoiler ses intentions?

Élisabeth Borne, ministre de l'Écologie, tout comme sa secrétaire d'État Emmanuelle Wargon, n'ont pas non plus arrêté leur position. La première pourrait se présenter à Montrouge, dans les Hauts-de-Seine, et la seconde à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne. 

Pressentie pour être candidate dans le XVe arrondissement de Paris en appui de Benjamin Griveaux, la ministre de la Santé Agnès Buzyn ne sera peut-être finalement pas candidate. Au cours de ses vœux à la presse ce mardi, selon Le Point, la ministre a déclaré avoir "toujours souhaité s'engager à Paris" mais que "la période actuelle ne (lui) paraît pas propice", en raison du coronavirus.

À la Culture, le ministre Franck Riester semble lui aussi indécis. Ce dernier pourrait se présenter dans son fief de Coulommiers, en Seine-et-Marne, dont il a été maire entre 2008 et 2017. Mêmes atermoiements du côté d'Adrien Taquet, secrétaire d'État à la Protection de l'enfance, qui envisagerait une candidature en région parisienne, à Asnières, dans les Hauts-de-Seine.

Christelle Dubos, secrétaire d'État méconnue auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, pourrait également se présenter à Sadirac, en Gironde, où elle est conseillère municipale depuis 2014.

Clarisse Martin