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Coronavirus: comment les malades sont-ils pris en charge en France?

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La France connaît trois cas avérés de patients atteints du coronavirus sur son sol. Nos équipes ont pu examiner le dispositif mis en place pour accueillir et traiter les malades.

Tandis que 106 personnes ont été emportées par le coronavirus en Chine et plus de 4400 autres contaminées, la France connaît trois cas avérés. A compter de jeudi, elle commencera par ailleurs à rapatrier ses ressortissants se trouvant actuellement en Chine dans la mesure où ils le souhaitent. 

Soins de support 

Cette présence et ces arrivées poussent bien entendu à aborder la question des soins concernant les cas établis de coronavirus en France. Denis Malvy, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Bordeaux, a expliqué ce mardi sur BFMTV que les soins commençaient très en amont.

Evoquant les rapatriements à venir, il a ainsi développé: "Le plus compliqué c’est de gérer des personnes qui sont stressées depuis de nombreux jours et d’accompagner leur désir de rester pour certains, et pour les autres de planifier leur retour en assumant le fait que certains seraient symptomatiques et d’autres sans aucune expression clinique et qu’il y aura donc des rapatriements avec des vols successifs."

Le praticien soigne l'un des malades atteints de cette pneumonie virale encore mystérieuse aux yeux des scientifiques. "Le patient est un homme de 48 ans que nous prenons en charge depuis jeudi dernier. Il présente les symptômes de la maladie que nous connaissons, c‘est-à-dire de la toux, de la fièvre. Son état est stable, il reçoit des soins de support. Il est dans nos unités dans les meilleures conditions possibles."

Chambre à pression négative

Devant ce type de virus, les hôpitaux français brandissent un bouclier aux vertus particulières afin d'isoler le malade et de protéger l'établissement d'une éventuelle diffusion de son mal: la chambre à pression négative. A Marseille, Philippe Brouqui, chef de pôle et directeur médical de l’IHU Méditerranée Infection, nous a présenté le fonctionnement de cette pièce atypique qui ressemble pourtant trait pour trait à une chambre d'hôpital des plus classiques: "On fait de l’extraction d’air qui est ensuite filtrée donc rien ne sort de ces filtres et ça permet de garder les microbes à l’intérieur même de l’hôpital et d’éviter qu’ils sortent."

Cette pression négative empêche l'atmosphère de la chambre de se répandre au-dehors. Ainsi, quand bien même la porte donnant sur le couloir serait ouverte, "c'est l'air du couloir qui (serait) aspiré", a noté Gisèle Bendjelloul, cadre de santé à l'hôpital Bichat à Paris, devant les caméras de France Télévision. De surcroît, la porte ouvrant sur le sas d'entrée précédant la chambre ne se déclenche qu'au moyen d'un détecteur de mouvement, dispositif qui permet d'éviter une transmission cutanée. Enfin, les accessoires de protection des soignants comme ceux laissés à la disposition du patient sont jetés après une utilisation unique. 

A l'IHU de Marseille, les médecins peuvent réaliser sereinement leurs examens au sein d'un laboratoire spécifique à l'extérieur de cette chambre à pression négative, en plongeant notamment leurs dans des gants. "On peut travailler avec des agents extrêmement contagieux et donc on passe les mains dans des gants, on ne touche rien directement on est complètement protégé", a commenté le docteur Philippe Brouqui.

Robin Verner