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Migrants: Ciotti veut une "action militaire" pour empêcher les bateaux de passer

Depuis janvier dernier près de1.800 migrants ont perdu la vie dans la traversée de la Méditerranée.

Depuis janvier dernier près de1.800 migrants ont perdu la vie dans la traversée de la Méditerranée. - Jason Florio - MOAS - AFP

Le député UMP s'oppose à la mise en place de quotas qui obligeraient les pays européens à accueillir des demandeurs d'asile pour soulager les pays méditerranéens. Eric Ciotti souhaiterait que l'Union européenne s'inspire de la politique migratoire de l'Australie.

L'urgence pour Eric Ciotti est "d'empêcher les migrants de venir en Europe". Interrogé sur RTL, le député UMP s'oppose fermement à la volonté de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, d'imposer des quotas d'accueil aux pays de l'UE.

Le chef de l'exécutif européen souhaite mettre en place un "mécanisme de distribution" pour soulager en particulier l'Italie, qui fait face à 80.000 migrants en attente de régularisation ou d'expulsion. Actuellement, c'est en effet au pays d'entrée de prendre en charge les migrants arrivés sur son sol. Jean-Claude Juncker souhaite que chaque pays européen, en fonction de son PIB, de sa population, du taux de chômage ou encore du nombre de demandeurs d'asile accueillis, prenne en charge des migrants débarqués en Méditerranée.

Des actions militaires contre les drames en mer

Pour Eric Ciotti, cette mesure envoie le mauvais message, "si on leur dit venez en Europe, quel que soit votre pays de destination vous serez accueilli. Sur la base de cette fausse générosité, on va faire croître de façon considérable les flux de migrants". Un avis partagé par d'autres à l'UMP, notamment Bruno Le Maire. Le député de l'Eure estime que les quotas sont un retrait de "sa souveraineté" à chaque Etat.

Eric Ciotti affirme que pour enrayer les drames en mer, il faut s'attaquer aux passeurs et "empêcher" les migrants de partir. "Il faut détruire les embarcations et y compris accomplir des opérations militaires sur les côtes libyennes", plaide-t-il. Lundi, l'Union européenne a défendu devant l'ONU des actions militaires visant à saisir et détruire les navires qui servent à la traversée des migrants.

Délocaliser les migrants comme en Australie

Eric Ciotti prend également en exemple l'Australie, qui a réduit le nombre de morts dans des naufrages au large de ses côtes. "Il y avait 1.200 morts en 2013 au large des côtes australiennes et il n'y en a eu quasiment aucun en 2014", assure Eric Ciotti. Pour en arriver là, le gouvernement australien de Tony Abbott a mis en place des mesures controversées. A coup de campagne choc indiquant aux migrants sur le mode "vous ne serez pas chez vous en Australie", le pays intercepte tous les bateaux de migrants dans les eaux territoriales.

Les migrants à bord des bateaux ont le choix: être renvoyés dans leur pays ou envoyés dans des centres de rétention situés dans des pays partenaires à l'Australie. Contre des centaines de milliers de dollars, l'Australie a en effet passé des partenariats avec notamment le Cambodge et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui s'engagent à accueillir les migrants dans des centres. Eric Ciotti n'est pas le seul à vouloir s'inspirer de l'Australie. Dans son discours du 1er mai, Marine Le Pen citait ce même pays en exemple:. "C'est ce qu'il faut faire ici", assurait-elle.

Si la mesure semble contribue à décourager les passeurs et à réduire le nombre de morts, elle contreviendrait aux droits de l'Homme et aux droits des réfugiés. 

C. B