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Mélenchon s'insurge contre les violences policières: "Ce n'est pas notre France"

Le leader de La France insoumise a donné une conférence de presse à Marseille, alors que le débat public sur les violences policières est à nouveau sur le devant de la scène en France et ailleurs dans le monde, après la mort de George Floyd aux Etats-Unis.

"Comment se fait-il que 80% des jeunes gens qui ont la peau blanche n'ont jamais été contrôlés et que 85% de ceux qui sont soit de couleur de peau noire ou d'origine ethnique prétendue de l'extérieur aient été contrôlés? Donc c'est un problème pour tous ceux qui aiment la République, ce n'est pas notre France ça", a asséné Jean-Luc Mélenchon ce samedi matin, au cours d'une conférence de presse à Marseille.

Le député des Bouches-du-Rhône s'est particulièrement exprimé au sujet du débat qui agite la société sur le racisme au sein de la police. Fin mai, George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, a été asphyxié par un policier lors de son interpellation dans le Minnesota. Mardi, un large rassemblement s'est tenu à Paris, contre les violences policières et en mémoire d'Adama Traoré, mort aux mains des gendarmes après son interpellation il y a près de quatre ans. 

"Récemment encore, une personnalité du monde de la culture (Camélia Jordana, NDLR) a dit qu'elle se sentait en insécurité devant la police, et aussitôt il y a eu un concert pré-arrangé de dénonciations, comme si ce qu'elle disait ne correspondait pas au vécu et au ressenti de milliers de gens, et que une certaine forme de préjugés, d'acharnement à caractère discriminatoire et à contenu raciste évident, n'existait pas dans ce pays", a poursuivi Jean-Luc Mélenchon.

"On a besoin de policiers républicains"

Vendredi, le site d'information Streetpress révélait l'existence d'un groupe Facebook privé composé de policiers, où des messages racistes et sexistes pullulent. Le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête.

"8000 policiers (...) se retrouvent sur des plateformes pour y proférer des injures racistes et sexistes, c'est un énorme problème. (...) Ceux qui sont des fonctionnaires de l'Etat doivent servir et obéir", a réagi le député. "S'ils ne sont pas capables de faire le travail de policier en respectant les valeurs républicaines, en tournant le dos au racisme et au sexisme, eh bien qu'ils s'en aillent, on n'en a pas besoin dans la police, on a besoin de policiers républicains, et en effet il y a des policiers républicains, et ceux là ils souffrent."

"Il y a une situation qui est grave"

Jean-Luc Mélenchon a également eu un mot sur les affaires Adama Traoré et Cédric Chouviat, le chauffeur-livreur mort après une interpellation à Paris début janvier:

"Je dis qu'il y a une situation qui est grave parce que nous avons sur les bras, non réglée, et le fait qu'on n'ait pas réglé est un problème majeur, la question de la mort d'Adama Traoré, celle de M. Chouviat pareil, il est mort du même geste que celui qui a tué George Floyd aux Etats-Unis d'Amérique. Ce n'est pas acceptable."
Clarisse Martin