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Marine Le Pen veut mettre un terme "aux chicayas" au FN au sujet de l'avortement

Incidents durant le meeting de Marine Le Pen à Ajaccio samedi 8 avril.

Incidents durant le meeting de Marine Le Pen à Ajaccio samedi 8 avril. - -

Florian Philippot et Marion Maréchal-Le Pen s'opposent depuis quelques jours sur la question du remboursement de l'avortement remis en cause par la députée. Invitée du "Grand Jury" sur RTL, Marine Le Pen a voulu appeler à la fin de la discorde tout en épousant les vues de son vice-président.

Marine Le Pen, candidate Front national à la présidentielle, a appelé ce dimanche à éviter de "tomber dans des chicayas eu égard à la gravité de ce qui frappe" la France sur un sujet tel que l'IVG, qui a fait s'affronter dans la semaine Florian Philippot et Marion Maréchal-Le Pen. Plus tôt cette semaine, cette dernière avait déclaré dans le quotidien catholique d'extrême-droite: "Il faudra revenir sur le remboursement intégral et illimité de l’avortement car les femmes sont des êtres responsables qui doivent être traités comme tels."

Cette position avait été réfutée par Florian Philippot, vice-président du Front national, peu après, présentant Marion Maréchal-Le Pen comme "seule et isolée". Une réfutation qui n'a pas eu l'heur de plaire à la parlementaire. Dans le JDD ce dimanche, elle demande du "respect" et assure avoir ressenti l'intervention de Florian Philippot comme une "agression".

Un sujet lunaire

Cette discorde ne convient pas à la présidente du Front national qui a voulu étouffer le début d'incendie dans sa maison politique. Invitée du lors du Grand Jury RTL - Le Figaro - LCI ce dimanche, elle a déclaré:

"Les Français ne nous pardonneront pas de tomber dans ce genre de chicayas eu égard à la gravité qui frappe le pays". Marine Le Pen a alors cité pêle-mêle l'insécurité, le chômage, les questions de logement, les suicides d'agriculteurs, les policiers "dans la rue", le "fondamentalisme islamiste".

Selon la dirigeante du parti d'extrême droite, les électeurs "seront sévères si on tombe dans des bisbilles, sur des sujets en plus qui leur apparaissent, au regard de tout ce que je viens de dire, lunaires".

Marine Le Pen a tranché

Mais Marion Maréchal-Le Pen n'en a pas que contre Florian Philippot. Dans cette même interview accordée au JDD, elle relève que sa tante "semble avoir changé d'avis" sur la prise en charge de l'IVG depuis 2012 et relève qu'il n'y a "pas eu de débat en interne" sur cette question. Marine Le Pen a répondu ce dimanche que "le débat sur ce sujet a été tranché précisément par mon élection" à la tête du parti en 2011. Pourtant, un mois après ce congrès, Marine Le Pen disait qu'il fallait "cesser de rembourser l'avortement". Pendant la campagne présidentielle 2012, elle s'en prenait aux "avortements de confort" et prônait le déremboursement de l'avortement "en cas de besoins budgétaires".

"Aujourd'hui, ce débat est tranché, je n'ai pas de concession à faire, enfin plus (...), car entre temps j'ai été réélue à 100% en 2014 à la tête du FN", a assuré Marine Le Pen. "Il faut pas se vexer les uns les autres, il faut avoir des propos bienveillants les uns à l'égard des autres", a-t-elle demandé, avant d'assurer qu'au FN, "sur les grands sujets (...) tout le monde est d'accord".

R.V. avec AFP