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Marine Le Pen à la conquête de l'électorat agricole

Marine Le Pen

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PARIS (Reuters) - Marine Le Pen est partie vendredi à la conquête du coeur de l'électorat de Nicolas Sarkozy lors d'une visite au Salon de l'agriculture à Paris, où elle a fustigé la Politique agricole commune (PAC).

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen est partie vendredi à la conquête du coeur de l'électorat de Nicolas Sarkozy lors d'une visite au Salon de l'agriculture à Paris, où elle a fustigé la Politique agricole commune (PAC).

La présidente du Front national, créditée de 19% à 20% des intentions de vote à l'élection présidentielle, s'efforce depuis son accession à la tête du parti de rallier l'électorat UMP, au sein duquel elle progresse de sondage en sondage.

Traditionnellement, le monde agricole vote pour la droite majoritaire. Mais, en un an, le vote FN a progressé de six points chez les agriculteurs, passant de 4,8% en 2009 à 11,4% en 2010, selon une enquête Ifop.

Dès son arrivée porte de Versailles, Marine Le Pen, dont c'était la première visite en qualité de présidente du FN, a affirmé que son parti était le seul susceptible de sauver le monde agricole en crise en raison de son credo anti-européen.

"Il faut remplacer la PAC par la PAF, la politique agricole française", a déclaré la numéro un du Front national, accusant la PAC de "contribuer à la baisse du nombre d'exploitations".

Soulignant que la France "verse 19 milliards d'euros à l'Union et qu'il n'en revient que 10 milliards", elle a estimé qu'il fallait récupérer cet argent "pour s'occuper de nos agriculteurs".

La dirigeante du FN, qui vit à Saint-Cloud, une banlieue huppée de Paris, et a établi son fief électoral dans le Nord, a affirmé avoir toujours eu la fibre agricole.

Elle a rappelé que son grand-père était marin-pêcheur et qu'elle venait chaque année porte de Versailles depuis l'âge de 8 ans en compagnie de son père Jean-Marie Le Pen, auquel elle a succédé en janvier.

S'ATTAQUER À LA GRANDE DISTRIBUTION

"Je me sens ici chez moi, je n'ai jamais raté un seul salon de l'agriculture", a-t-elle dit aux journalistes.

Entourée d'une forêt de caméras et de micros, Marine Le Pen a mis beaucoup de temps à pouvoir se frayer un chemin dans les allées et entamer un dialogue avec les exploitants présents.

Elle est rentrée dans le concret quand un éleveur du Pas-de-Calais est venue l'interpeller sur le sort de la vache "Bleue du Nord", très appréciée dans le nord du pays et en Belgique, mais menacée selon lui de disparition.

"Vous êtes passée trop vite devant notre stand, que pouvez-vous faire pour nous aider à préserver la race 'Bleue du Nord' ? Il n'y a plus que 16 éleveurs", a-t-il lancé.

Conseillère municipale jusqu'à jeudi de Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, un siège qu'elle a quitté en raison du cumul des mandats, Marine Le Pen s'est montrée très attentive mais elle n'a répondu que par des idées générales.

"Il faut commencer par mettre en place une politique agricole française. C'est une absurdité d'avoir réduit l'agriculture de moitié en 20 ans. De toute façon, la PAC va être bientôt l'ombre d'elle-même", a-t-elle dit en évoquant la prochaine réforme de l'Europe verte à partir de 2013, qui devrait voir une distribution plus juste des aides entre les différents types d'agricultures et les Etats.

"Il n'y a pas que l'argent, il y a aussi la bureaucratie européenne", a-t-elle ajouté.

Au stand des brasseurs de France, Marine Le Pen a aussi estimé qu'il fallait "s'attaquer sévèrement à la grande distribution", car les marges actuelles sont "insupportables".

Dans les allées, la présidente du FN a reçu un accueil relativement chaleureux, des visiteurs criant parfois "Allez Marine" tandis que d'autres la prenaient en photo.

"L'accueil pour Jean-Marie Le Pen a toujours été bon, alors pour Marine...", a dit Jean-Michel Dubois, secrétaire national du FN.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse