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Manuel Valls écarte une démission du gouvernement pour l'instant 

Le Premier ministre assure qu'il ne sera pas candidat et locataire de Matignon en même temps mais ne donne aucune garantie quant à sa décision probablement liée à celle du chef de l'Etat attendue début décembre.

Les deux hommes se sont vus à l'heure du déjeuner dans une "ambiance cordiale et studieuse". Pourtant au sortir d'un week-end agité pour l'exécutif les relations comme les projets futur de François Hollande et de Manuel Valls interrogent. Le Premier ministre a écarté lundi une démission de son poste en soulignant être "chef du gouvernement" et avoir "le sens de l'Etat".

Il s'est s'est également adressé au président de la République: "Il ne peut y avoir et il n'y aura jamais de crise institutionnelle", selon Matignon. Il précise aussi qu'il "ne peut y avoir, notamment dans ce moment précis où la France fait face à la menace terroriste, de confrontation politique dans le cadre d'une primaire entre un président de la République et un Premier ministre".

"Et ce encore moins entre deux personnalités dont les rapports sont basés sur la confiance", ajoute-t-on dans l'entourage de Matignon. Ancien membre du cabinet de Lionel Jospin en 2002, Manuel Valls sait aussi la difficulté de faire campagne tout en dirigeant l'équipe gouvernementale. Et en attendant une éventuelle décision, le locataire de Matignon s'est envolé pour un voyage officiel en Tunisie dont il doit revenir mardi après-midi. 

Un conflit lancé par Claude Bartolone? 

Dans la matinée, le chef de l'Etat a intensifié le bras de fer qui l'oppose à son Premier ministre, réaffirmant, par la voix de ses soutiens qu'il gardait bien la main pour décider s'il se lançait dans la compétition. Probablement début décembre selon ses proches qui le voient toujours comme le plus à même de défendre son bilan "de gauche".

Et sur cette idée lancée par Claude Bartolone d'une primaire qui opposerait François Hollande à Manuel Valls, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll s'est montré cinglant, à la hauteur de la mini-crise provoquée au sein du couple exécutif:

"Ca n'existe pas, ça ne peut pas s'imaginer sauf dans des esprits qui ont un petit peu tendance à confondre leur ressentiment personnel avec l'intérêt général", en écho aux critiques récurrentes du président de l'Assemblée nationale depuis la parution de Un président ne devrait pas dire ça.

"La déclaration de Claude Bartolone était très malvenue", a tranché de son côté Martine Aubry. 

Hollande et Valls crédités de 9% à la présidentielle

Pourtant, dans les colonnes du Journal du dimanche, Manuel Valls avait entretenu la flamme de la discorde et prévenu qu'il prendrait la décision ou non de se déclarer candidat à la primaire de la gauche "en conscience", refusant la fatalité d'une défaite annoncée pour sa famille politique en 2017.

Entre François Hollande et Manuel Valls la question est là à quelques jours de la date de dépôt de candidature à gauche et à six mois de la présidentielle. Seront-ils alliés ou adversaire? Et que fera François Hollande malmené chaque jour un peu plus par les sondages? Le dernier en date, réalisé après la victoire de François Fillon à droite, le crédite de 9% derrière Emmanuel Macron ou Jean-Luc Mélenchon. Motif d'espoir: Manuel Valls ne fait ni mieux ni pire. 

Samuel Auffray avec AFP