BFMTV

Malgré les dissensions, le Sénat devrait adopter les mesures d'urgence du gouvernement

Gérard Larcher au Sénat - Image d'illustration

Gérard Larcher au Sénat - Image d'illustration - Christophe Archambault - AFP

L'examen par le Sénat du texte contenant les mesures d'urgence économique et sociale du gouvernement a mis en exergue les tensions qui existent entre exécutif et chambre haute.

Avec 153 voix pour, 58 abstentions et 9 députés en défaveur dont l'ex-élu LaREM Sébastien Nadot, l'Assemblée nationale a adopté dans la nuit de jeudi à vendredi, au terme de treize heures de vifs débats, le texte de quatre articles contenant les mesures d'urgence économique et sociale du gouvernement.

Ce vendredi à partir de 16h, c'est au tour du Sénat d'étudier le texte, et seuls une quinzaine d'amendements seront au menu, qui n'ont quasi aucune chance de passer. A quelques heures du verdict final, nombreux sont les observateurs à se demander si les sénateurs ne vont malgré tout pas tenter de prendre une sorte de "revanche" sur le gouvernement et ainsi retarder l'issue de la crise des gilets jaunes. 

La droite sénatoriale derrière le gouvernement

Une hypothèse vite balayée d'un revers de main par le président de chambre haute, Gérard Larcher, souligne L'Opinion. Au contraire, ce dernier souhaite faciliter le vote du texte puisque la droite sénatoriale ne déposera pas d'amendement ce vendredi. "On est responsables, on ne fait pas de la politique quand on est dans cette situation", a-t-il expliqué.

"On ne veut pas que le Président soit désavoué dans cette période. On aurait pu jouer la montre, on ne le fera pas", assurait quant à lui le président du groupe des Républicains, Bruno Retailleau. 

Travail de sape de Muriel Pénicaud

Et pourtant, la tentation a dû être forte pour les sénateurs, pour qui la relation avec certains membres du gouvernement n'a pas toujours été au beau fixe. "On en avait un peu marre, jamais le Sénat ne s’est senti aussi méprisé qu’avec ce gouvernement", poursuit Retailleau. 

Exemple de cette tension, le 24 novembre dernier, lorsqu'un tweet de Gérald Darmainin avait provoqué la suspension des travaux du Sénat.

Pourtant, toujours selon L'Opinion, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a rencontré plus tôt dans la semaine Gérard Larcher dans sa résidence du petit Luxembourg. La veille, elle avait également dîné avec quelques élus de droite dont Hervé Marseille. 

"Tout d’un coup, on a l’impression qu’ils découvrent le métier! C’est ce que fait un ministre normalement pour un texte, mais jusqu’à présent, on ne peut pas dire qu’on ait vu beaucoup de membres du gouvernement", se lamente le sénateur des Hauts-de-Seine. 

Nouveau rendez-vous dans l'année

Plus tard dans l'année, le Sénat devra une nouvelle fois trancher, cette fois-ci pour la réforme des institutions, repoussée, qui doit passer par une révision constitutionnelle ratifiée par les 3/5e du Parlement.

D'ores et déjà, le rendez-vous semble pris, et Bruno Retailleau de prévenir: "S’il en ressort qu’il faut augmenter la dose de proportionnelle (initialement prévue à 15 %, souligne encore L'Opinion), ce sera niet".

Hugo Septier