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Macron juge l'internement des fichés S comme une "proposition dangereuse"

Emmanuel Macron lors de son deuxième meeting au Mans, le 11 octobre 2016.

Emmanuel Macron lors de son deuxième meeting au Mans, le 11 octobre 2016. - JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Lors de sa deuxième conférence-meeting ce mardi soir au Mans, Emmanuel Macron a longuement évoqué la sécurité, l'une de ses cinq priorités. Dans une allusion aux récentes déclarations de Nicolas Sarkozy, en campagne pour la primaire à droite, il a estimé que l'internement des fichés S était une "proposition dangereuse".

En meeting ce mardi soir au Mans, Emmanuel Macron, qui n'a toujours pas officialisé sa candidature pour la présidentielle de 2017, a poursuivi la présentation de son "diagnostic" de la France et esquissé quelques propositions, tournant autour de "cinq priorités".

Parmi elles, la sécurité, un thème qu'il a longuement abordé devant une salle comble et sous quelques salves d'applaudissements. Emmanuel Macron a d'abord appelé à "transformer notre approche collective de la sécurité", mais aussi à passer "de l'état d'urgence à une société de vigilance". 

A propos de la lutte contre le terrorisme, il s'en est pris à une proposition en particulier, portée principalement par Nicolas Sarkozy: l'internement administratif des fichés S les plus dangereux. Le candidat Les Républicains à la primaire à droite défend en effet cette mesure, de même que Jean-François Copé, promettant un référendum sur ce sujet à l'issue du second tour des législatives, en juin 2017. Une mesure dont Emmanuel Macron conteste la pertinence.

"Inefficace et non démocratique"

"Personne ne m’a expliqué comment identifier la dangerosité d'untel ou d’untel. Personne ne rappelle non plus que même nos services de renseignement déconseillent de prendre de telles mesures", a-t-il déclaré.

"Ce n’est pas en faisant des propositions dangereuses que nous parviendrons à diminuer le danger, parce qu’aller proposer d’enfermer les fichés S, c’est vider de son efficacité notre système de renseignement", a poursuivi Emmanuel Macron. "C’est passer d’un état d’urgence et de droit à un état de police, arbitraire. C’est donc à la fois inefficace et non démocratique".

La lutte contre le terrorisme est "d’abord et avant tout une bataille du renseignement", a-t-il insisté, appelant à "ne pas céder à la panique, ne pas céder à la pression". 

Charlie Vandekerkhove