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Macron aux hôpitaux: "Le 'quoi qu'il en coûte' prononcé un soir de mars ne peut pas durer perpétuellement"

Le président français Emmanuel Macron et le ministre de la Santé Olivier Véran (à gauche) le 10 mars 2020

Le président français Emmanuel Macron et le ministre de la Santé Olivier Véran (à gauche) le 10 mars 2020 - Ludovic Marin / AFP / POOL

En pleine crise sanitaire, le président Emmanuel Macron avait demandé à ce que tous les moyens financiers nécessaires soient mobilisés, "quoi qu'il en coûte". Alors que l'épidémie de coronavirus montre des signes d'accalmie, le chef de l'Etat souhaite passer de cette politique d'urgence à une réorganisation pérenne.

Le chef de l'Etat Emmanuel Macron a participé à une table ronde avec des médecins de l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière vendredi, alors que l'épidémie de coronavirus montre des signes d'accalmie en France. Au cours de cette réunion, il a assuré vouloir "mettre fin" à la "paupérisation" de l'hôpital, et a annoncé des investissements et "une dynamique de revalorisation" pour le milieu hospitalier. 

Il a également reconnu "une erreur dans la stratégie annoncée" dans la réforme de l'hôpital, il y a deux ans, car elle ne "portait pas assez de sens" et avait une "ampleur" et un rapport au temps "pas du tout suffisants compte tenu de l'état où était l'hôpital", a-t-il affirmé.

D'une politique d'urgence à une réorganisation durable

"Le 'quoi qu'il en coûte' prononcé un soir de mars ne peut pas durer perpétuellement", a également dit le président français. Cette expression fait référence à une déclaration d'Emmanuel Macron le 12 mars dernier, alors que la France enregistrait chaque jour plus de morts du coronavirus. 

"Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies. Quoi qu'il en coûte", avait alors déclaré Emmanuel Macron.

D'un plan d'urgence décidé en pleine crise, le président français veut donc passer à une réorganisation des services pérenne et à un investissement stable. Fin mars déjà, Emmanuel Macron avait promis "un plan massif d'investissement et de revalorisation" pour l'hôpital à l'issue de la crise.

"Il ne faut pas que cette crise soit une parenthèse enchantée, il faut passer à un système stable où tout le monde se reconnaîtra", a affirmé le patron de l'AP-HP Martin Hirsch, en rappelant la longue grève qu'ont connue les urgences.

"Un Ségur de réforme de l'hôpital public"

"Je veux enclencher une dynamique, un Ségur de réforme de l’hôpital public et plus largement de notre système de santé", a assuré le président vendredi.

Emmanuel Macron a présenté quatre piliers pour l'hôpital, "des grandes lignes". Le premier volet a pour but d'améliorer la rémunération des soignants, mais aussi de mieux repenser leurs carrières (passerelles, progression, perspectives...). 

"Ce ne sont pas des petites augmentations qui feront les choses, il faut un choc salarial", prévient à l'AFP le Pr Thomas Similowski, chef du service de pneumologie, en soulignant qu'"une infirmière qui commence est à la limite de la pauvreté".

Le deuxième concerne l'investissement dans les hôpitaux, dont il a parlé à plusieurs reprises. 

"Il faut réinvestir différemment, garder cette capacité à investir et le faire au bon niveau", a expliqué Emmanuel Macron, déclarant également "c'est un investissement et pas une dépense".

Le "troisième levier, c'est le pacte à rebâtir, souplesse et innovation" a expliqué Emmanuel Macron. 

"Je ne mettrai pas plus d'argent pour que le système fonctionne pareil".

Il appelle à la création d'un "vrai projet de terrain" afin de "sortir d'une logique quasiment toujours contentieuse". Le chef de l'Etat souhaite enfin repenser le système de santé sur le territoire, pour une meilleure prise en charge au niveau local.

Salomé Vincendon