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Lyon, Marseille, Arles, Perpignan... À un mois des Municipales, les tractations vont bon train

Image d'illustration d'une urne de vote

Image d'illustration d'une urne de vote - AFP

De Lyon à Rennes en passant par Perpignan et Marseille, les tractations et rapprochements entre les partis politiques se dévoilent à quelques semaines du second tour des élections municipales.

Alors que le 28 juin, la date choisie par le gouvernement pour organiser le second tour des élections municipales, approche à grands pas, des discussions, tractations et rapprochements se multiplient au sein des différentes familles politiques.

  • La droite se retire à Lyon

L'annonce a fait grand bruit. Le maire de Lyon Gérard Collomb a indiqué jeudi s'allier avec la droite, ce qui le voit s'effacer derrière le candidat LR François-Noël Buffet pour la stratégique présidence de la métropole. Les termes de l'accord prévoient également le retrait du candidat LR à la mairie de Lyon, Étienne Blanc, au profit de Yann Cucherat, le poulain de Gérard Collomb.

"J'ai proposé dès notre première rencontre que François-Noël Buffet soit candidat à la métropole de Lyon", a indiqué Gérard Collomb lors d'une conférence de presse. "Aujourd'hui, nous voulons une union pour affronter la crise et permettre la reconstruction de Lyon, union dont nous espérons qu'elle s'élargira dans les jours qui viennent."

A l'issue du premier tour le 15 mars, les listes de Gérard Collomb et celles de David Kimelfeld, parties divisées après que LaREM eut investi l'ex-ministre de l'Intérieur, se sont retrouvées en difficulté face aux écologistes, arrivés en tête à Lyon et dans nombre de circonscriptions métropolitaines.

Vendredi, le parti présidentiel a retiré leur investiture à Gérard Collomb et Yann Cucherat en vue du second tour des élections métropolitaines et municipales.

  • Un front républicain contre le RN à Perpignan

À Perpignan (Pyrénées-Orientales), la candidate écologiste Agnès Langevine, arrivée en 3e position au 1er tour avec 14,5% des voix, a annoncé ce samedi son retrait, pour faire barrage au candidat du Rassemblement national et favori du scrutin, Louis Aliot.

À la tête d'une liste EELV-PS, la vice-présidente du conseil régional d'Occitanie avait été devancée par le député RN Louis Aliot (35,6%) et le maire LR sortant, Jean-Marc Pujol (18,5%). Elle invoque dans une déclaration transmise à l'Agence France-Presse "un devoir républicain de salubrité publique" pour expliquer sa décision.

Jeudi, c'est le candidat LaREM Romain Grau (13% au 1er tour) qui avait renoncé, un "retrait républicain" visant aussi à empêcher le parti lepéniste de s'emparer de la mairie de cette ville de 120.000 habitants.

Jean-Marc Pujol, un avocat de 71 ans, est conseiller municipal depuis 1989 et maire depuis 2009, lorsqu'il avait succédé à Jean-Paul Alduy. En 2014, Jean-Marc Pujol avait battu M. Aliot au second tour, en bénéficiant d'un bon report des voix après le désistement du candidat PS.

  • Les écologies se rallient au PS à Villeurbanne

Les écologistes ont accepté vendredi de se ranger derrière le candidat PS Cédric Van Styvendael pour le second tour de l'élection municipale à Villeurbanne, garantissant pratiquement à la gauche de conserver la vingtième ville de France.

Cédric Van Styvendael, un spécialiste du logement social largement inconnu des Villeurbannais, avait été désigné par l'inamovible maire sortant Jean-Paul Bret comme son dauphin. Sa liste avait obtenu le 15 mars 33,30% des voix au premier tour de l'élection municipale.

Cédric Van Styvendael avait réussi à faire autour de lui l'union de la gauche avant le premier tour. Avec l'appui du vote vert, il ne devrait pas avoir trop de souci à se faire au second où il sera opposé au candidat investi par LaREM, l'actuel premier adjoint au maire Prosper Kabalo (14,90% des voix), seul en mesure de se maintenir.

  • Un barrage à la gauche à Arles

À Arles (Bouches-du-Rhône), Cyril Juglaret, le candidat des Républicains à l'élection municipale, s'est retiré au profit de Patrick de Carolis (divers centre), afin d'empêcher la gauche de l'emporter dans ce bastion communiste, a annoncé ce samedi Renaud Muselier, président de la région Paca.

Au premier tour, l'ancien président de France Télévisions Patrick de Carolis est arrivé en tête avec 26,4% des voix, devant le successeur du maire communiste sortant, Nicolas Koukas (21,2%). Le candidat LR, Cyril Juglaret, avait rassemblé 15,3% des suffrages.

Renaud Muselier s'est félicité samedi, lors d'une conférence de presse, de cette décision. "J'ai proposé une méthode pour ces élections, un pacte de raison. Il fonctionne sur Arles puisque le candidat Cyril Juglaret s'est retiré".

Patrick de Carolis, 66 ans, revendique "une fibre sociale" pour "sortir la ville du marasme" et se présentait en tête d'une liste sans étiquette. Son rival Nicolas Koukas, 44 ans, est élu depuis 18 ans et successeur désigné par le maire sortant, Hervé Schiavetti, en poste depuis 2001.

  • Alliance des écologistes et des socialistes à Rennes

La maire de Rennes Nathalie Appéré (PS) a annoncé ce samedi la fusion de sa liste avec celle de l'écologiste Matthieu Theurier, devenant ainsi la grande favorite du deuxième tour des élections municipales dans la capitale bretonne.

"Nous sommes heureux d'être les premiers à annoncer que la gauche est belle quand elle est unie", a-t-elle lancé, au cours d'une conférence de presse dans un parc rennais.

Dans la capitale bretonne, dirigée par les socialistes depuis 1977, la maire sortante était arrivée en tête avec 32,81% des voix le 15 mars, devant l'écologiste Matthieu Theurier, qui avait réalisé une percée avec 25,59% des scrutins.

Parmi les autres listes pouvant se maintenir au 2e tour, la candidate de la majorité présidentielle Carole Gandon (14,19% des voix) et le candidat (divers droite) Charles Compagnon (11,93%) devraient quant à eux partir en ordre dispersé.

  • Rapprochements à droite à Marseille

Les deux candidats de droite à Marseille ont esquissé ce samedi un rapprochement en vue du second tour des élections municipales, la candidate investie par LR Martine Vassal apportant notamment son soutien au dissident Bruno Gilles dans son secteur.

Lors d'une conférence de presse, Martine Vassal, présidente de la métropole et du département des Bouches-du-Rhône, arrivée deuxième sur l'ensemble de la ville à l'issue du premier tour a appelé une nouvelle fois le sénateur Bruno Gilles, lui aussi issu de la majorité de droite, "à la raison". "L'heure est grave", a-t-elle jugé, alors que le dépôt des listes sera clos mardi.

Dans les 4e et 5e arrondissements, "j'appelle à voter Bruno Gilles parce qu'il est en grand danger face au Printemps marseillais et face à Michèle Rubirola", qui se présente dans le même secteur, a en particulier annoncé Martine Vassal à la presse. Tête de liste et maire sortant de ces arrondissements, Bruno Gilles a été largement devancé au premier tour, avec 22,1% des voix, par Michèle Rubirola (37,4%). Le candidat de Martine Vassal y avait rassemblé 9,7% des suffrages.

Dans un communiqué, Bruno Gilles a dit prendre "acte du retour à la raison de Martine Vassal et (du président la région Paca) Renaud Muselier", qui participait à la conférence de presse.

Martine Vassal a aussi annoncé avoir obtenu le ralliement de Ludovic Perney, le candidat présenté par Bruno Gilles dans les 6e et 8e arrondissements, un secteur où elle se présente en tête au deuxième tour avec moins de trois points d'avance sur le Printemps marseillais - un ralliement dont Bruno Gilles a dit aussi "prendre acte", tout en regrettant de n'avoir pas été prévenu par Ludovic Perney.

Dans d'autres secteurs, notamment les 2e et 3e, où leurs listes sont au coude-à-coude, Martine Vassal et Bruno Gilles sont "en pourparlers pendant ce long week-end".

Dans le centre-ville, le secteur des 1er-7e arrondissements, où sa liste est arrivée seulement sixième, Bruno Gilles a pour sa part appelé "à faire barrage à la liste emmenée par la suppléante de Jean-Luc Mélenchon, Sophie Camard", arrivée en tête devant la candidate de Martine Vassal.

Clément Boutin avec AFP