BFMTV

Lyon: conseil municipal tendu pour Collomb après la publication d'un rapport sur l'emploi de son ex-femme

L'opposition a notamment accusé le maire de la ville d'avoir "fait une Pénélope", en référence à l'affaire d'emplois fictifs qui entoure la femme de François Fillon.

Le conseil municipal du 18 novembre s'annonçait compliqué, et il n'a pas fait mentir les pronostics. Le maire de Lyon Gérard Collomb s'est trouvé sous le feu des critiques des élus de l'opposition lundi, lorsqu'a été présenté un rapport de la Chambre régionale des comptes laissant planer des doutes sur la réalité de l'emploi de son ex-compagne à la mairie.

Le parquet de Lyon s'est saisi du dossier en février après avoir été alerté par les magistrats de la Chambre des comptes sur la situation de cet agent. Averti au même moment, Gérard Collomb a de son côté commandé une enquête administrative.

Pour l'opposition, Gérard Collomb a fait "une Pénélope"

Dans ce rapport officiellement présenté lundi, la Chambre affirme ne "pas disposer d'éléments matériels" justifiant de l'emploi de Meriem Nouri - avec qui Gérard Collomb était en couple dans les années 1990 - entre août 2015 et octobre 2017.

"Au lieu de présenter ce rapport, c'est plutôt des excuses qu'il faudrait que vous présentiez aux Lyonnaises et aux Lyonnais parce que, pour le dire en langage politique, vous leur avez fait ce qu'on appelle désormais 'une Pénélope'", a attaqué la maire divers gauche du 1er arrondissement de la ville, Nathalie Perrin-Gilbert, en référence à l'affaire Fillon qui avait éclaté avant la présidentielle de 2017.

"Votre ex-compagne a bénéficié d'un emploi à la ville de Lyon que la Chambre régionale des comptes a bien du mal à comprendre, à identifier, à suivre", a-t-elle poursuivi.

Une "inertie", mais pour l'instant pas d'emploi fictif avéré

L'adjoint délégué aux ressources humaines Gérard Claisse a souligné de son côté que l'enquête administrative commandée par la mairie reconnaissait une "inertie administrative regrettable" ne permettant pas d'identifier clairement les activités de cette personne sur la période.

Mais, a-t-il insisté, cette inertie ne permet ni "d'invoquer un emploi fictif", ni d'imputer cette situation au maire de Lyon. Et sur le forfait mensuel de 25 heures supplémentaires accordé à cette personne et pointé par le rapport, Gérard Claisse a souligné que cette situation n'avait rien d'exceptionnel, 94 agents bénéficiant actuellement de ce type de forfaits.

"A minima, en tant que maire, vous êtes responsable de cette inertie administrative qui reflète, au-delà de ce sujet particulier, votre refus de prendre ces sujets de ressources humaines à bras le corps", a rétorqué l'élue Les Républicains Laurence Balas, rappelant que le rapport mentionne que seulement quatre agents ont vu travailler cette personne au cours de la période.

Pour Collomb, son ex-femme a "fait preuve de beaucoup d'activités"

"Finalement, de quoi parlons-nous?", s'est défendu Gérard Collomb, "d'une période de flou (...) de deux ans" alors que Madame Nouri a été titularisée à la mairie en 2004.

"On verra ce qu'ont été ses activités, mais après avoir interrogé un certain nombre de personnes" l'enquête administrative conclut que "l'agent en question faisait preuve de beaucoup d'activités - certes quelquefois désordonnées - auprès d'un certain nombre de services", a-t-il assuré.

Pour sa fin de mandat, Gérard Collomb devra contrer les attaques de l'opposition mais aussi celles de son propre camp. Onze de ses conseillers municipaux ont en effet récemment fait sécession pour se tourner vers David Kimelfeld

Juliette Mitoyen avec AFP