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Rapport de la Cour des comptes: Collomb s'explique sur l'emploi de son ex-compagne

Gérard Collomb

Gérard Collomb - JEFF PACHOUD / AFP

Le maire de Lyon a tenu à clarifier plusieurs points avant la présentation du rapport de la Cour régionale des comptes lors du prochain Conseil municipal.

A quelques mois des élections, c'est une épine dans le pied de Gérard Collomb qui pourrait freiner sa marche vers la Métropole. Le maire de Lyon a tenu à se défendre avant même la publication du rapport de la Cour régionale des comptes qui s'attarde sur le cas de son ex-compagne, employée à la mairie de Lyon. 

En février dernier, les magistrats financiers avaient signalé le cas de cet agent administratif auprès du parquet de Lyon. Une enquête préliminaire pour un possible détournement de fonds publics au profit de son ex-compagne avait été lancée. Le domicile de Gérard Collomb et la mairie de Lyon avaient été perquisitionnés

Pas d'éléments matériels

A cette époque, dans leur rapport provisoire, les magistrats financiers indiquaient que Gérard Collomb aurait "fait bénéficier son ex-compagne, Meriem Nouri, de plusieurs emplois municipaux depuis plus de vingt ans". 

Des soupçons confirmés en partie, semble-t-il, dans le rapport final qui a été remis mardi aux conseillers municipaux de Lyon avant la présentation officielle lors du Conseil municipal le 18 novembre prochain. 

"La chambre ne dispose pas d’éléments matériels attestant du service fait par cet agent sur la période courant de l’année 2010 au mois d’avril 2018", écrit la Cour régionale des comptes. 

Selon son rapport, qui consacre trois pages à ce cas, "l'activité alléguée par la ville de cet agent (...) durant la période 2010-2015 sur des fonctions d'accueil et d'information du public n'a fait l'objet d'aucune traduction administrative".

Sur la période "de juillet 2015 à avril 2018, l'agent n'a été affecté à aucun emploi de la ville correspondant à son grade et à ses fonctions effectives", poursuit le rapport.

"Des dizaines de personnes l'ont vu"

Des conclusions contestées par Gérard Collomb qui s'appuie sur l'enquête interne demandée par la Ville et présentée ce mercredi lors d'une conférence de presse. "Il n'y a pas eu d'emploi fictif, le travail a bien été fait", a martelé le maire de Lyon. 

"Des fonctions ont sans doute été remplies mais administrativement on n’arrive pas à suivre ces fonctions", précise le candidat à la Métropole de Lyon, qui renchérit: "elle a travaillé dans ces services, à la mission Serin, à la mission Rives de Saône. Il y a des dizaines de personnes qui l'ont vu dans ce poste".

Une "inertie administrative regrettable"

Gérard Claisse, adjoint du maire aux Ressources humaines, a lu plusieurs passages du rapport indiquant que "la preuve a été apportée que cet agent a été affecté jusqu'à mi-2015 sur un emploi relevant de la Ville de Lyon et en a rempli les missions". 

Il reconnaît néanmoins une "inertie administrative regrettable" pour la période 2015 à 2017 "qui a laissé libre cours à l'intéressée pour mener elle-même des missions d'intérêt général". Mais cette situation ne présente pas "des caractéristiques d'un emploi fictif", précise-t-il.

Et de conclure: "En tout état de cause, une telle situation ne saurait être imputée à la volonté du maire de Lyon de protéger voire de favoriser cet agent".

Benjamin Rieth