BFMTV

Lutte contre le communautarisme: que va contenir le plan de bataille de Macron, dévoilé ce mardi?

Ce mardi, à Mulhouse, Emmanuel Macron va commencer à dévoiler son plan de lutte contre le communautarisme, ou plutôt contre "le séparatisme islamiste" selon l'expression retenue.

Attendu de longue date, de longtemps annoncé mais jamais dévoilé, le plan d'Emmanuel Macron contre le communautarisme est sur le point d'être présenté officiellement. Ce mardi, comme le signale ici La Croix, accompagné de l'appareil de l'Etat, du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner à son secrétaire d'Etat Laurent Nunez, en passant par la ministre des Sports Roxana Maracineanu et le titulaire du portefeuille de la Jeunesse Gabriel Attal, Emmanuel Macron doit en effet détailler sa feuille de route à l'occasion d'un déplacement dans le quartier du Bourtzwiller à Mulhouse.

En (au moins) trois temps 

Il prendra la parole après une rencontre avec les forces de l'ordre puis une table ronde avec des représentants du monde associatif. Mais le président de la République, n'ayant visiblement pas l'intention de se précipiter, abattra ses cartes progressivement. Il en dira plus la semaine prochaine à l'occasion d'un autre déplacement dévolu à la question puis à l'issue du second tour des municipales le 22 mars.

Les formulations se bousculent quand on doit marcher sur des œufs. Et le ton retenu pour aborder ce chapitre aussi crucial que délicat semble résolument offensif. Ainsi selon l'entourage du chef de l'Etat auprès du Monde, il a choisi de fustiger le "séparatisme islamiste", convoyant l'idée d'une sédition identitaire et militante vis-à-vis de la République, plutôt que le "communautarisme", expression plus vaste au risque d'en être vague.

Plan de bataille en quatre axes 

Le secret autour de l'ordre de bataille décidé par Emmanuel Macron demeure bien gardé. Ce week-end, un document interministériel, sous le patronage du cabinet du Premier ministre, de 31 pages a toutefois filtré sur le site du Point. Mais des 25 mesures qu'avance ce programme on retient surtout quatre axes. Le premier évoque une "stratégie d'entravement" visant à endiguer l'islamisme. Il s'agira notamment de renforcer "les instruments de diagnostic de l'islamisme et du retrait communautaire". Le deuxième sillon entend "promouvoir une stratégie d'offres alternatives et des mesures d'accompagnement coordonnées en faveur des quartiers les plus atteints par l'emprise islamiste".

Dans ces deux chapitres, la proposition de déployer des Maisons France Service dans des quartiers prioritaires devrait apparaître, les écoles hors contrat, la non-scolarisation de jeunes filles, la séparation hommes-femmes dans les piscines, la menace de censure de films et de spectacles, et le basculement d'associations culturelles dans la religiosité devraient aussi être concernés. 

Le troisième axe veut "fixer les règles en vue des élections municipales", un principe qui tâchera notamment de "renforcer le contrôle de la légalité des actes des collectivités". Enfin, la quatrième problématique pointe en direction de la nécessité de "protéger l'islam de l'islamisme". De la formation des imams à la question du financement étranger des mosquées, c'est la structuration de la religion musulmane en France qui sera alors interrogée.

Travail de terrain 

"Il recherche une prise de conscience, un sursaut républicain, une stratégie, des moyens et des mesures claires de réponse par l’Etat (...) mettre un frein au repli communautariste et au séparatisme islamiste offensif, prélude à la radicalisation, qui conduit parfois au terrorisme", a fait valoir auprès du Monde un proche d'Emmanuel Macron.

D'après France Info, un travail de terrain a précédé la mise en forme de ce plan. L'Etat a sélectionné quinze zones cibles, parmi lesquelles Strasbourg, Roubaix ou Trappes, afin d'y surveiller des islamistes et enquêter sur eux via tous les registres du droit commun, dont la fiscalité. L'initiative a abouti à la fermeture de 152 débits de boisson et restaurants, 15 lieux de culte, 12 locaux associatifs, et quatre écoles.

dossier :

Emmanuel Macron

Robin Verner