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Loi "anti-casseurs": Hamon dénonce un scandale et un texte "liberticide"

Après le vote de la proposition de loi "anti-casseurs", le leader du mouvement Génération.s redoute notamment de voir l'extrême droite pouvoir faire tout ce qu'elle souhaite si elle arrivait un jour aux plus hautes fonctions de l'État.

C'est un texte qui ne passe pas toujours pas aux yeux du leader du mouvement Génération.s. Invité de Jean-Jacques Bourdin ce lundi matin sur RMC et BFMTV, Benoît Hamon redit tout le mal qu'il pense de la proposition de loi "anti-casseurs", adoptée par une large majorité à l'Assemblée nationale mardi dernier.

"Un préfet, aux ordres du politique, pourra faire une liste de gens pour dire 'vous, vous n'allez pas manifester', là où auparavant c'était au juge", explique notre invité, qui redoute ici la fin de la "séparation des pouvoirs". "Moi je sais comment ça fonctionne l'administration française sous ordre du politique", poursuit l'ancien ministre.

"C'est une loi liberticide, si vous acceptez ça aujourd'hui, cette loi se retournera un jour contre vous."

L'ordre public s'est-il amélioré? "Absolument pas"

Pour celui qui était candidat à la dernière élection présidentielle pour le PS, cette nouvelle mesure est "un scandale" qui s'inscrit dans une dérive "autoritaire" de l'exécutif. "Depuis qu'Emmanuel Macron est là, on a eu un recul des libertés des droits fondamentaux" estime-t-il. "Est-ce que ça change quoique ce soit, est-ce que ça améliore l'ordre public? Absolument pas" poursuit-il.

Avant d'énumérer "les reculs" en question: "On a intégré au droit commun l'état d'urgence, on a remis en cause les droits fondamentaux pour les migrants notamment avec la circulaire Collomb, même chose sur les lois 'anti-casseurs' aujourd'hui." Autant de textes décriés par des défenseurs des libertés fondamentales:

"La parole de ceux qui défendent les droits de l'homme n'a plus aucune valeur aujourd'hui", regrette l'ancien socialiste, qui fait également part de son pessimisme quant à une éventuelle arrivée de l'extrême droite aux plus hautes fonctions du pays: "Si elle arrive au pouvoir pour faire ce qu'elle veut", conclut Benoît Hamon.
Jérémy Maccaud