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Lille: Martine Aubry veut pouvoir verser des primes exceptionnelles aux agents des collectivités

Martine Aubry

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La maire de Lille a écrit au Premier ministre vendredi. Elle réclame la possibilité pour les communes de verser une prime aux agents des communes mobilisés, à l'image de celles proposées aux salariés du privée.

"Les 'héros du quotidien' sont aussi dans nos collectivités et nous ne devons pas les oublier". Martine Aubry a interpellé vendredi le Premier ministre Edouard Philippe dans un courrier pour réclamer la possibilité de verser une prime exceptionnelle aux agents des collectivités mobilisés face à l'épidémie de coronavirus. 

"Les nécessités de service dans ce contexte imposent qu'un nombre non-négligeables d'agents continue leur activité sur le terrain", remarque Martine Aubry.

Une prime limitée par les textes

Et de citer les agents des Ehpad, des cimetières, de la propreté, de l'Etat civil, les assistants sociaux, agents des crèches et des écoles restées ouvertes pour la garde des enfants. Or, rappelle l'élue, la prime de 1000 euros pour les salariés reste impossible pour ces agents en raison "du cadre légal de la fonction publique territoriale".

L'ancienne première secrétaire du Parti socialiste réclame donc au gouvernement, dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire, l'autorisation pour les collectivités de verser "des primes exceptionnelles au-delà du plafond très limité actuellement autorisés par les textes". 

Par ailleurs Martine Aubry souhaite que cette prime soit exonérée d'impôt pour les agents bénéficiaires, à l'image de celle qui est proposée aux salariés du privé. Elle demande également à l'Etat "d'accompagner financièrement les collectivités" qui décideraient de verser cette prime.

Une réflexion en cours au gouvernement

Jeudi, la ministre du Travail avait indiqué qu'une "réflexion active" pour récompenser les salariés du public étaient en cours au sein du gouvernement. 

"Nous pensons effectivement qu'il faut soutenir tous ceux qui ont un rôle essentiel aujourd'hui", a déclaré sur France info Muriel Pénicaud.

Toutefois, le dispositif ne prendra "pas vraiment les même formes" que le coup de pouce prévu pour les salariés du privés, a prévenu la ministre.

Pour ces derniers, le gouvernement a décidé que la prime défiscalisée d'un montant de 1000 euros maximum, instaurée pendant la crise des gilets jaunes de l'hiver 2018-19, ne serait plus sujette à la mise en place par l'entreprise d'un accord d'intéressement. Les entreprises qui verseront cette prime - portée à 2.000 en cas d'accord d'intéressement - pourront par ailleurs la moduler en fonction des conditions de travail liées à l'épidémie.

Benjamin Rieth avec AFP