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Ligne "droitière", management "solitaire": les critiques à l'origine de la démission de Wauquiez

Laurent Wauquiez sur notre plateau.

Laurent Wauquiez sur notre plateau. - BFMTV

Laurent Wauquiez a démissionné après 18 mois de présidence parfois houleuse des Républicains. Les critiques se sont multipliées après la défaite historique du parti aux élections européennes.

À la tête des Républicains pendant 18 mois, jusqu'à la déroute aux européennes, Laurent Wauquiez démissionne ce dimanche après avoir été la cible de nombreuses critiques au sein de son propre parti.

La déroute a délié les langues

Au lendemain du scrutin, où la liste de François-Xavier Bellamy a obtenu le pire score de la droite sous la Vème République (8,48%), nombreux étaient les dirigeants de droite à le presser de démissionner. "À sa place", Valérie Pécresse serait partie dès le lendemain du scrutin. Gérard Larcher n'a "demandé la démission de personne" mais initié une "démarche" politique aboutissant, in fine, à le contourner.

Dans les rangs inférieurs, les critiques sur la ligne droitière se faisaient mezza vocce. La déroute a délié les langues. "Le conservatisme sociétal et les questions identitaires seuls ne nous permettront jamais de gagner l'élection présidentielle", selon le vice-président Damien Abad.

Management "solitaire"

Beaucoup de cadres LR, y compris des soutiens, déploraient encore un management "solitaire", orchestré avec une petite équipe de collaborateurs fidèles, au premier rangs desquels son "très précieux" directeur de cabinet, Arnaud Beuron.

"On a fait cette campagne tous ensemble. Mais c'est moi qui suis le président de notre famille" et "il faut que je prenne mes responsabilités", a répondu l'intéressé dimanche soir, en annonçant sa démission.

"Soupçon d'insincérité permanente"

Bâtisseur d'une "nouvelle droite" dans un parti dépeuplé par les nombreux ralliements à Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez avait déjà défrayé la chronique en 2018 avec ses déclarations au vitriol, enregistrées à son insu, devant des étudiants lyonnais épargnés du "bullshit" réservé aux "plateaux médiatiques". "Il a installé un soupçon d'insincérité permanente", observe un ténor de LR.

Chaque épisode est venu alimenter cette machine infernale: de sa supposée proximité avec Soeur Emmanuelle, constamment démentie par une proche de la religieuse, à ce gilet jaune qu'il a affirmé n'avoir "jamais porté" avant d'être démenti par une photographie.

L'obsession de la présidentielle 

Avant de démissionner, Laurent Wauquiez était "toujours dans sa présidentielle de 2022", croyait savoir un dirigeant de LR. Interrogé sur ses ambitions dimanche soir, il a éludé: "Je vais juste me consacrer à me battre pour les habitants (de la région Auvergne Rhône-Alpes), qui m'ont fait confiance. Voilà ce que je vais faire".

"En politique, le juge de paix, c'est quand même l'élection. Or Laurent n'en a jamais perdu aucune", expliquait encore récemment son entourage face aux critiques. C'est désormais chose faite, même si l'intéressé n'était pas lui-même candidat.

Esther Paolini avec AFP