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Les socialistes recommandent l'humilité à Fillon

Les dirigeants socialistes ont conseillé mercredi à François Fillon de "garder ses nerfs" après ses critiques formulées la veille devant les députés. Le Premier ministre avait alors estimé du PS qu'il était "inguérissable" après la proposition de Martine

Les dirigeants socialistes ont conseillé mercredi à François Fillon de "garder ses nerfs" après ses critiques formulées la veille devant les députés. Le Premier ministre avait alors estimé du PS qu'il était "inguérissable" après la proposition de Martine - -

Le Parti socialiste a répondu mercredi aux attaques de François Fillon et conseillé au Premier ministre de "garder ses nerfs" en temps de...

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste a répondu mercredi aux attaques de François Fillon et conseillé au Premier ministre de "garder ses nerfs" en temps de crise.

L'opposition voit dans les mesures de restriction budgétaire annoncées par le chef du gouvernement un plan de rigueur qui ne dit pas son nom et dénoncent une baisse à venir des dépenses sociales et ses conséquences sur les Français les plus modestes.

Après avoir rencontré François Fillon à Matignon mardi, le premier secrétaire du PS, Martine Aubry, a renouvelé les propositions de son parti pour faire face à la crise: la suspension "même temporaire" du bouclier fiscal et une ristourne de TVA de 200 euros pour 16 millions de ménages.

Elle a en outre évoqué la relance d'une des mesures-phares du gouvernement de Lionel Jospin entre 1997 et 2002: un programme d'emplois-jeunes "nouvelle formule pour donner une chance aux jeunes d'avoir un travail, d'avoir un salaire et donc de consommer".

Pour le Premier ministre, ces propositions prouvent que le PS est "absolument inguérissable".

"Franchement, j'attendais autre chose de la part du Parti socialiste, mais il est vrai comme vient de le déclarer Jack Lang que son programme est 'pâle, décevant et tristounet'", a-t-il déclaré mardi devant les députés.

Martine Aubry a feint l'étonnement mercredi.

"Il n'avait pas du tout le même ton lorsque je l'ai vu hier matin. Il paraissait un peu penaud sur certains points (...), en tout cas sur un tout autre ton", a déclaré l'ancienne ministre des Affaires sociales sur France Info.

"PAS UN PREMIER MINISTRE DE GROS TEMPS"

Le Premier ministre a annoncé jeudi dernier un gel des dépenses de l'Etat sur trois ans, une baisse de 10% de ses dépenses de fonctionnement et cinq milliards d'euros d'économies sur les niches fiscales en deux ans.

Martine Aubry l'a invité à l'humilité.

"Je lui demande d'attendre quelques semaines, peut-être quelques jours, pour que tous les économistes de France lui disent qu'avec toutes (s)es mesures (...) cela ne (fera) qu'accroître le problème" de consommation et donc de croissance de la France", a-t-elle dit.

"Si j'étais lui, je serais surtout un peu moins arrogant (...) Si on fait l'austérité uniquement sur les salariés et le retraités (...) c'est la croissance qui va s'effondrer".

Pour le porte-parole du PS, Benoît Hamon, François Fillon "ferait mieux de garder ses nerfs".

"Manifestement, ce n'est pas un Premier ministre de gros temps que nous avons", a-t-il déclaré sur LCI. "On ne peut pas inviter l'opposition à s'exprimer et expliquer, chaque fois qu'elle s'exprime, qu'elle est inguérissable".

Pour François Hollande, la situation des finances publiques françaises "exige de la vérité, de la lucidité et de l'imagination" et le Parti socialiste fait le choix de soutenir "la partie de la population la plus en difficulté".

La majorité, en refusant "d'ébrécher" le bouclier fiscal, fait un "arbitrage exactement contraire", a déploré sur Europe 1 le député de Corrèze, pour qui il est inéluctable que la droite augmente les impôts à terme.

Laure Bretton, édité par Gilles Trequesser