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Y a-t-il un problème Wauquiez chez Les Républicains?

Laurent Wauquiez en décembre 2017.

Laurent Wauquiez en décembre 2017. - AFP

Le président des Républicains peine à s'imposer en interne, mais aussi en tant que chef de l'opposition.

Laurent Wauquiez se fait rare, ces derniers temps. Après quelques semaines pendant lesquelles le président des Républicains (LR) s'est fait plus que discret, le voilà sur le point de s'afficher à nouveau devant les caméras, à l'occasion du "Printemps des Républicains", dans son fief de Haute-Loire.

Mais ce retour médiatique ne cache pas la situation en interne. Car face à Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez peine à incarner l'opposition. Les sondages font grise mine: le dernier en date, mené par l'institut YouGov pour le Huffpost, révèle un bilan mitigé pour le chef de file de la droite conservatrice: seules 18% des personnes interrogées émettent un avis positif, contre 45%. Et si 49% des sympathisants LR approuvent sa direction, ils sont aussi 64% à trouver que leur parti ne se porte ni mieux, ni moins bien.

Le tract, une discorde de trop?

L'année avait pourtant bien commencé. En février dernier, Laurent Wauquiez avait fait un passage remarqué dans L'Emission politique. Malgré la mauvaise audience de l'émission, ses pairs de LR avaient affiché leur satisfaction face à la performance télévisée de leur président. Un passage gâché deux semaines plus tard par les révélations sur ses propos devant les étudiants de l'EM Lyon. "Ces déclarations ont jeté un trouble", confiait le député LR Sébastien Huygue au Monde en mai dernier.

En interne, Laurent Wauquiez ne fait pas l'unanimité. Sa ligne politique droitière est critiquée, on lui reproche son image clivante. Les courants se développent: outre le micro-parti Libres de Valérie Pécresse, il doit faire face à la Manufacture de Xavier Bertrand, la France audacieuse de Christian Estrosi et la Force républicaine de Bruno Retailleau. Virginie Calmels, la vice-présidente du parti, n'hésite pas non plus à afficher ses désaccords. Le dernier en date porte sur le tract controversé Pour que la France reste la France: "un dysfonctionnement" "inutilement anxiogène", commente sèchement la numéro 2 du parti. Un tract "un peu idiot", avance de son côté Florence Portelli, proche de Valérie Pécresse.

"A force de semer, il finira par récolter"

Pour peser en interne et se faire entendre à l'extérieur, l'idée d'un "shadow cabinet", une sorte de contre-gouvernement, avait fait son chemin. Quatre mois plus tard, la liste n'a toujours pas été rendue publique – entre ceux qui rechignent à l'intégrer et ceux dont il doit ménager la susceptibilité, la formation d'une telle liste semble relever du casse-tête. De son côté, la jeune génération du parti, avide de responsabilités, commence à s'impatienter: quatre jeunes élus ont été reçus fin mai rue de Vaugirard pour exposer leurs griefs.

Pourtant le président de LR garde le cap. "Il a convaincu les militants, qui ont massivement voté pour lui", rappelle Daniel Fasquelle, le trésorier du parti. Pour lui, la période compliquée des Républicains s'explique moins par la personnalité de Laurent Wauquiez que par la situation politique générale, et notamment "l'état de grâce" d'Emmanuel Macron auprès des Français.

Le patron du parti n'aurait donc rien à changer? "Je ne fais pas partie des politiques qui changent en fonction des sondages", affirmait Laurent Wauquiez en mai. "Il est très organisé, il sait ce qu'il veut", dit de lui un ancien du parti. "Conquérir un parti, ça prend du temps et ça suscite des critiques. Mais les autres peuvent dire ce qu'ils veulent: s'ils ne sont pas d'accord, ils peuvent partir. En attendant, le président, c'est lui, et peu à peu il pose des jalons. A force de semer, il finira par récolter".

Ariane Kujawski