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Wauquiez à la peine avec son "contre-gouvernement"

Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez - NICOLAS TUCAT / AFP

Laurent Wauquiez peine à trouver les membres de son "contre-gouvernement", son shadow-cabinet, qu'il assure cependant présenter en mi-juillet.

Il devait être annoncé en janvier, il ne le sera qu'en juillet: le casting du "contre-gouvernement" de Laurent Wauquiez, inspiré de la tradition britannique du "shadow cabinet" consistant à marquer l'exécutif à la culotte, est devenu selon Le Parisien un véritable casse-tête. Une question "très très 'touchy' en interne", confirme au quotidien un élu Les Républicains.

"C’est une bonne idée le contre-gouvernement", analyse pourtant notre éditorialiste Christophe Barbier. "Compétence contre compétence, dossier par dossier, vous offrez votre expert et sa parole contre celle de l’expert du gouvernement. C’est une bonne chose pour attraper des ministres qui n’ont pas de passé, pas de carrière politicienne, et qui sont là en experts."

"Perdre des plumes"

Les volontaires ne se précipitent pas pour intégrer le contre-gouvernement du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont la personnalité et les positions clivent au sein de la droite.

"Cela prend du temps, car certains de ceux qui ont été approchés n’ont pas voulu monter à bord. S’afficher dans un gouvernement avec Laurent Wauquiez aujourd’hui, c’est courir le risque de perdre plus de plumes que d’en gagner", explique dans Le Parisien un ténor de LR. 

Selon Christophe Barbier, certains membres de cet "anti-gouvernement" semblent en outre condamnés à la transparence: "Imaginez celui qui chez Les Républicains serait charger de contrer Jean-Michel Blanquer sur l'éducation: il applique une politique que la droite approuve à 80 ou 90%. Si vous êtes le ministre de l'opposition, qu'est-ce que vous dites, à part bravo et merci?"

"Susceptibilités"

Quant à l'intégration, sur le modèle macroniste, de personnalités issues de la "société civile", elle attendra semble-t-il que le parti ait redoré son blason.

"C’était son intention au départ, mais là, ça a bloqué. Un certain nombre de personnalités n’ont pas forcément envie d’être associées au parti à l’heure actuelle", soupire un parlementaire.

Pire, les caciques de la droite froncent les sourcils à l'idée de ce "shadow cabinet", perçu comme une nouvelle pelletée de terre sur "l'ancien monde". Analyse d'un jeune loup de la rue de Vaugirard:

"Vu qu’il veut mettre des personnalités qui ne hantent pas les couloirs de l’UMP depuis des décennies, il doit ménager les susceptibilités des plus anciens."

Laurent Wauquiez pourrait faire la pari de puiser dans le vivier d'élus locaux Les Républicains pour former son gouvernement d'opposition, antithèse d'un exécutif auquel l'énarque ne cesse de reprocher sa dimension technocratique. 

Louis Nadau