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Xavier Bertrand: "Les grévistes sont dans une impasse"

Le député UMP Xavier Bertrand compare les grévistes à la SNCF à "des preneurs d'otages"

Le député UMP Xavier Bertrand compare les grévistes à la SNCF à "des preneurs d'otages" - -

Candidat à la primaire UMP pour 2017, le député était lundi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC.

Le député UMP Xavier Bertrand, ex-ministre du Travail et candidat à la primaire à l'UMP pour la présidentielle 2017, répondait ce lundi matin à Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC. Réforme ferroviaire et grève à la SNCF, conflit des intermittents du spectacle, niveau des prélèvements obligatoires, retour de Nicolas Sarkozy et affaire Bygmalion: voici ce qu'il faut retenir de cet entretien.

# Réforme ferroviaire: le clash avec Chatel

Luc Chatel, le secrétaire général de l'UMP, a demandé le retrait de la réforme ferroviaire, soit exactement ce que demandent la CGT et Sud-Rail pour mettre fin à la grève à la SNCF. Xavier Bertrand partage-t-il ce point de vue?

"Je ne demande pas le retrait de ce texte, et je ne voterai pas contre le texte. Il est hors de question que je me retrouve dans le camp des jusqu'au-boutistes qui continuent à faire grève", tranche le député-maire UMP de St-Quentin, marquant ainsi son total désaccord avec Luc Chatel. "En revanche, je demande aux grévistes de comprendre qu'ils sont dans une impasse. Si le gouvernement continue à être ferme c'est une bonne chose. Je demande au gouvernement de donner des instructions à la SNCF pour qu'aucun jour de grève ne soit payé, et pour qu'il n'y ait aucun étalement sur la feuille de paye des retenues sur salaires".

Xavier Bertrand ajoute: "Il y a aujourd'hui des personnes sur les quais de gare avec un gilet rouge: ce n'est pas à eux qu'il faut s'en prendre. L'ex-ministre du Travail, à l'origine de la loi sur le service minimum dans les transports, appelle à "ne pas les confondre avec les grévistes qui eux sont des preneurs d'otages".

# Intermittents: "un système dévoyé"

Sur le conflit des intermittents, Xavier Bertrand veut "savoir si le gouvernement cale ou pas. Ce n'est pas encore la réforme des intermittents, et on a déjà la grève des intermittents. Il faut mettre à plat ce régime, mais la vérité c'est que le système a été mis en place contre la précarité de l'emploi des interprètes, et le système a été dévoyé par les employeurs, qui évitent d'embaucher en CDI des intermittents auxquels ils font appel en permanence", estime le député UMP.

# Impôts: "Il faudra moins de fonctionnaires"

"Droite et gauche depuis 30 ans ont augmenté les impôts, parce que c'est plus facile que de diminuer les dépenses (...). Je dis aux fonctionnaires qu'on ne pourra pas garder les 6 derniers mois pour le calcul de la retraite".
Xavier Bertrand appelle à "réduire les dépenses en premier". Il faut donner moins, il faudra moins de fonctionnaires à l'avenir dans notre pays". Exemple à l'appui, l'ancien ministre souhaite remettre en cause le statut de fonctionnaire à vie "pour tous les nouveaux entrants, pour certaines catégories".

Ces réformes sont-elles applicables? Face à Jean-Jacques Bourdin, Xavier Bertrand plaide pour revenir à "un septennat non renouvelable, pour que celui qui est élu fasse les réformes".

# Sarkozy le retour? "On verra s'il tient sa promesse"

Nicolas Sarkozy va-t-il revenir en politique? On verra s'il s'en tient à sa promesse de se retirer de la politique, répond Xavier Bertrand, candidat à la primaire UMP pour 2017. "S'il veut revenir sur sa décision, c'est son droit, mais il faut savoir que pour choisir le prochain candidat de la droite et du centre à la présidentielle, ce n'est pas l'état-major qui décidera, ce sont les électeurs de droite et du centre qui décideront".

# Bygmalion: "Il faut la clarté totale"

Sur l'affaire Bygmalion, "il y a un avant et un après européennes", juge Xavier Bertrand. "Le FN est arrivé en tête, largement. C'est le dernier avertissement avant un nouveau 21 avril et Marine Le Pen au 2e tour de la présidentielle. Les européennes, c'était la veille des révélations sur Bygmalion. Je suis persuadé que si on avait su précisément ce qui s'était passé, le Front national n'était pas à 25%, il était à plus de 30%".

En conséquence, plaide Xavier Bertrand, "il faut la clarté totale sur ce qui s'est passé. Il faut que la lumière soit faite intégralement pour qu'on sache quelles sont les dispositions à prendre pour ne plus voir ceci, ni à l'UMP ni ailleurs".

A.L.M.