BFMTV

Wauquiez fragilisé dans son propre camp après la défaite de Bellamy

Laurent Wauquiez, le 26 mai 2019

Laurent Wauquiez, le 26 mai 2019 - AFP - Jeff Pachoud

Après la cuisante défaite aux européennes, il y a urgence à "refonder" Les Républicains, ont estimé plusieurs cadres du parti. Mais François-Xavier Bellamy, tête de liste, semble épargné par les critiques des figures LR qui pourraient tenir Laurent Wauquiez le président de la formation, comme unique responsable du score historiquement bas.

François-Xavier Bellamy pourrait bien être épargné par la vague de changement réclamée au sein des Républicains en conséquence de la lourde défaite de dimanche. La tête de liste du parti n'a obtenu que 8,48% des voix lors de l'élection européenne, se plaçant derrière Europe écologie-Les verts, bien loin des 20,81% obtenus lors du précédent scrutin de 2014.

Mais à l'annonce des résultats, c'est le président du parti Laurent Wauquiez qui a pris la parole en premier lors de la soirée électorale. Comme s'il sentait la tempête arriver, et peut-être pour épargner d'éventuelles attaques envers son poulain, il a fait part de sa déception avant d'évoquer "la responsabilité collective" de cet échec.

Message reçu chez les grandes figures du parti qui ont appelé à de nombreux changements, visant à demi-mot le président du parti depuis 2017:

"Ce résultat nous impose une remise en question profonde. Notre mouvement devra repenser sa ligne politique. Il devra rassembler plus largement. Il devra repenser son projet", a assuré sur Twitter le président du Sénat Gérard Larcher, un peu plus d'une heure après l'annonce des résultats.

"Refonder notre famille politique"

Même son de cloche pour Bruno Retailleau "Si on ne se remet pas profondément en cause, le risque: c’est la disparition (...) Ne pas parler d’échec serait se cacher derrière son petit doigt", a estimé auprès du Figaro le président du groupe LR au Sénat.

"Je veux lancer un appel à toutes les personnalités de la droite et du centre. Il faut que nous nous voyions vite pour se rassembler et refonder notre famille politique. Notre mouvement devra exprimer plus clairement la diversité des sensibilités qui le compose", a-t-il précisé sur France 2.

Élu à la tête du parti en décembre 2017 après les échecs successifs des Républicains à la présidentielle (20,01% des voix au premier tour) et aux législatives (15,77), Laurent Wauquiez n'a pas réussi à enrayer la fuite des voix chez La République en Marche et vers le Rassemblement national. Son élection avait même poussé Xavier Bertrand à quitter le parti.

En 1999, Nicolas Sarkozy avait démissionné

Lundi, au lendemain de la défaite, les critiques se sont faites plus fortes encore. Sur RTL, Valérie Pécresse a assuré qu'elle démissionnerait si elle se trouvait dans sa situation: "Si j'étais à sa place et vu la situation, sans doute je le ferais, a expliqué la présidente de la région Île-de-France. L'ancien ministre du budget Eric Woerth a appelé à tout changer "y compris Laurent Wauquiez". "Il y a trop de guerres d'ego et on n'est pas loin de disparaître", a assuré sur BFMTV le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

En 1999 dans la même situation, l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, alors à la tête du RPR, avait démissionné un jour après une lourde défaite aux élections européennes. La liste du parti gaulliste avait été créditée de 12,82%. 20 ans plus tard, François-Xavier Bellamy vient de battre ce triste record.

Guillaume Dussourt