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VIDEO - Sarcelles: des violences "intolérables" pour Valls

Manuel Valls a condamné lundi les violences qui ont eu lieu à Sarcelles ce week-end.

Manuel Valls a condamné lundi les violences qui ont eu lieu à Sarcelles ce week-end. - -

REACTIONS - La classe politique commente largement les violences qui ont eu lieu ce week-end à Paris et à Sarcelles en marge de manifestations de soutien à la Palestine. Xavier Bertrand (UMP), comme d'autres, a demandé au gouvernement de "réagir".

Les violents heurts qui ont eu lieu lors de manifestations pro-palestiniennes samedi dans le quartier de Barbès à Paris et dimanche à Sarcelles, dans le Val-d'Oise, font réagir la classe politique. A droite comme à gauche, les réactions se multiplient et l'action du gouvernement est quelques fois critiquée.

Manuel Valls s'est exprimé lundi à ce propos: "Ce qui s'est passé à Sarcelles est intolérable, rien ne peut justifier la violence", a déclaré le Premier ministre. "S'attaquer à une synagogue, à une épicerie kasher (...), c'est tout simplement de l'antisémitisme, du racisme", a-t-il continué. "Face à cela, il faut une très grande fermeté."

"Rien en France ne peut justifier la violence, rien ne peut justifier qu'on s'en prenne à des synagogues, à des épiceries, des magasins, des institutions juives", a assuré Manuel Valls.

"Une horde de sauvages"

Encore sous le choc, le maire PS de Sarcelles, François Pupponi, a lui aussi réagi lundi aux violences qui ont touché sa ville, au micro de BFMTV. Il a estimé que les heurts de dimanche sont le fait d’une "horde de sauvages".

Il s'agit, selon lui, de "gens, très jeunes, qui ont décidé de basculer dans un antisémitisme primaire et de l'exprimer à visage découvert en plein jour". "Ce n'est pas un problème [de type] communauté contre communauté", a-t-il ajouté. Selon le maire de Sarcelles, les personnes impliquées dans les heurts sont des "habitants" de sa ville et des environs, des gens qui "habitent les quartiers".

Dalil Boubakeur appelle au "calme"

"Je suis extrêmement touché par tous ce qui se passe", a déclaré Dalil Boubakeur, le recteur de la grande mosquée de Paris, interrogé par BFMTV. "Je désaprouve formellement les atteintes ou les menaces contre les lieux de culte", a-t-il ajouté tout en appelant au "calme le plus nécessaire".

Les violences sont dues à une "minorité infime de gens qui provoquent". La "communauté [musulmane] n'est pas du tout antisémite", a ajouté le recteur de la grande mosquée de Paris.

Bertrand et Raffarin "prêts à soutenir le gouvernement"

Xavier Betrand, actuellement député UMP de l'Aisne, a appelé lundi à la "solidarité" des "Républicains" face aux violences "quasi-insurrectionnelles à Sarcelles" et à "ce qui s'est passé pendant le week-end, la semaine dernière".

Selon lui, les responsables des violences "défient la France, défient la République", a-t-il déclaré sur RTL, assurant se reconnaître "dans les propos tenus par Manuel Valls.

Le député UMP a par ailleurs assuré être "d'accord" avec les interdictions, même si cela "semble difficile à accepter".

Jean-Pierre Raffarin, sénateur UMP et ancien premier ministre, a lui aussi assuré, sur Twitter, qu'il soutiendrait les initiatives gouvernementales: "Le gouvernement sera soutenu par tous les Républicains dans une politique de fermeté contre le racisme et l'antisémitisme."

Le gouvernement sera soutenu par tous les Républicains dans une politique de fermeté contre le racisme et l'antisémitisme. #Sarcelles
— Jean-Pierre Raffarin (@jpraffarin) 21 Juillet 2014

Florian Philippot veut "rétablir l'ordre républicain"

Bruno Le Maire, député UMP de l'Eure, a pour sa part critiqué très fortement l'action du Premier ministre Manuel Valls, qui a rendu visite au Tour de France le 19 juillet, jour des événements de Barbès: "Est-ce que Monsieur Valls était à sa place sur le Tour de France, le jour de ces manifestations qu'il avait demandé d'interdire ? Non. (...) A-t-il garanti la sécurité des Français ? Non", a déclaré l'ancien ministre sur Europe 1.

Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, demande quant à lui une "réponse très ferme de la justice". "J'espère qu'il y aura une réponse judiciaire à la hauteur de la gravité des faits qui ont été commis. On ne peut pas [les] banaliser", a-t-il déclaré au micro de BFMTV.

"La France et l'ordre républicain [sont défiés], a estimé Florian Philippot, vice-président du Front national sur France 2. Il a notamment demandé la mise en place d'un "Etat fort", d'un "pouvoir fort" qui "rétablisse l'ordre républicain". "Interdire une manifestation, c'est inciter les manifestants les plus radicaux à venir défier l'Etat", a-t-il assuré par ailleurs, remettant en cause la gestion gouvernementale de la crise.

Fallait-il interdire?

Car si les politiques sont unanimes pour condamner les débordements, la question de l'interdiction de ces manifestations mérite d'être posée. Sur BFMTV lundi, Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, a assuré qu'il "assumait" sa décision d'interdire les manifestations pro-palestiniennes de ce week-end. Une décision qui avait été fortement critiquée et qui continue de l'être.

Dalil Boubakeur, le recteur de la grande mosquée de Paris, a ainsi parlé du "dépit" de certaines personnes après l'interdiction, affirmant qu'il y avait eu moins de désordres là où les manifestations avaient été autorisées.

Yves Jégo, député UDI des Yvelines, a évoqué lundi au micro de BFMTV une "erreur du gouvernement". "A la base, il aurait mieux valu encadrer des manifestations autorisées plutôt que de les interdire". "Le gouvernement va être devant une question: qu'est-ce qui va se passer en fin de semaine?", a continué le député. Bruno Le Maire, député UMP de l'Eure, a pour sa part assuré que l'interdiction "n'était pas une bonne idée".

Même son de cloche du côté du Nouveau parti anticapitaliste: "François Hollande et Manuel Valls ont fait le choix scandaleux d'amalgamer la lutte pour les droits du peuple palestinien à l'antisémitisme et sont aujourd'hui, en raison des interdictions prononcées contre les manifestations, les premiers responsables des incidents qui peuvent avoir lieu en marge de celles-ci", a déclaré le parti d'Olivier Besancenot dans un communiqué.

"Cette interdiction constitue une atteinte intolérable au droit de manifester, elle témoigne aussi du choix du Premier ministre d'une stratégie de la tension qui est insupportable car potentiellement dangereuse pour le débat et la démocratie!", a pour sa part affirmé le Front de gauche dans un communiqué.

M. K. avec AFP