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Sarkozy "soutiendra" la déchéance de nationalité, sous condition

Nicolas Sarkozy, le 8 décembre 2015.

Nicolas Sarkozy, le 8 décembre 2015. - Xavier Leoty - AFP

Le président des Républicains a publié ses voeux aux Français sur sa page Facebook, jeudi après-midi, dans lesquels il fait savoir qu'il soutient la déchéance de nationalité que François Hollande souhaite inscrire dans la Constitution, "à condition qu'elle soit accompagnée d'autres décisions".

Le patron des Républicains, Nicolas Sarkozy, a choisi Facebook pour adresser ses voeux aux Français pour l'année 2016. Dans un long message posté jeudi après-midi, l'ancien chef de l'Etat commence par rendre hommage aux victimes des attentats de janvier et novembre. "Nous ne pouvons oublier ces vies volées en plein carnage, nous ne pouvons oublier ces vies brisées par la disparition d'un ou plusieurs proches, nous ne pouvons oublier tous ces blessés au cours de ces mêmes attentats qui porteront les stigmates de ces terribles attaques", écrit Nicolas Sarkozy.

"Nous ne pouvons plus accepter que la République recule"

Le chef de l'opposition insiste ensuite sur le "devoir" de la Nation à "continuer à entourer ceux qui restent en vie et qui sont marqués dans leur chair comme dans leur coeur". "Pour eux, notre mobilisation n'a pas le droit d'être éphémère", ajoute-t-il, avant d'indiquer que les Républicains soutiendront la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour des faits de terrorisme, que François Hollande souhaite inscrire dans la Constitution, "à condition qu'elle soit accompagnée d'autres décisions". 

"Nous soutiendrons les décisions du gouvernement qui permettront d’assurer la protection de tous les Français, y compris lorsqu’il s’agira de mettre en œuvre la déchéance de nationalité, mesure pour laquelle je plaide depuis des années, à la condition qu’elle soit accompagnée d’autres décisions qu’exige la situation et que nous réclamons en vain depuis des mois. Nous ne pouvons plus accepter que la République recule", développe Nicolas Sarkozy. 

"Que le gouvernement tranche au lieu d'hésiter"

Et l'ex-président de la République de glisser une pique au gouvernement, qui "dispose de toute la latitude que lui offrent les institutions de la Vème République pour agir et déterminer la politique du pays". "Que le gouvernement tranche au lieu d'hésiter. Qu'il décode au lieu de tergiverser. Qu'il agisse plutôt que de vouloir mettre en scène un rapprochement artificiel avec l'opposition", estime-t-il, avant de dénoncer des "choix politiques et économiques qui conduisent la France dans une impasse". 

Enfin, Nicolas Sarkozy revient sur le résultat des dernières élections régionales, "traduction brutale" de la situation du pays, selon lui. "Cela exige de notre part une écoute et une réflexion approfondie sur nos priorités d'actions. La lucidité du diagnostic, le devoir de vérité et la clarté de nos propositions sont les principes qui guideront le travail de notre famille politique", martèle-t-il. Avant de conclure: "Parce que nous incarnons une alternance de gouvernement, il est de notre responsabilité de leur apporter des réponses, à partir d’engagements forts et réalistes. Dessinons un projet d’avenir digne de la France, à la hauteur de la gravité des enjeux. Telle est la mission d’une opposition constructive. Telle est la mission des Républicains". 

A.S.