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Hollande maintient finalement la déchéance de nationalité

Le projet de révision de la Constitution annoncé par François Hollande comprendra bien l'extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés en France et condamnés pour terrorisme.

Après des semaines d'hésitation, François Hollande a décidé de faire figurer dans son projet de réforme constitutionnelle, présenté mercredi en conseil des ministres, l'extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés français et reconnus coupables de terrorisme. Comme l'état d'urgence, elle sera finalement inscrite dans la Constitution.

C'est Manuel Valls qui a été chargé d'annoncer la nouvelle mercredi midi. "La menace n'a jamais été aussi élevée. Dire cette vérité c'est le préalable à une action maîtrisée (...)", a-t-il dit en préambule.

La déchéance de nationalité, "c'est une mesure à caractère hautement symbolique, une sanction lourde (...) La déchéance de nationalité existe et s'applique déjà mais ne concerne que les binationaux étrangers (...) Le gouvernement a décidé de soumettre au Parlement l'extension de la déchéance de la nationalité à tous les binationaux", y compris ceux nés en France. 

"Ce qui a primé, c'est la parole du Président"

Christiane Taubira avait pourtant annoncé le contraire mardi soir. Sur une radio algérienne, la garde des Sceaux avait affirmé que "le projet de révision constitutionnelle qui sera présenté en Conseil des ministres" mercredi "ne retient pas cette disposition". "En termes d'efficacité, ce n'est pas une mesure probante", avait-elle justifié.

Au lendemain de ces déclarations, la ministre s'est défendue, en déclarant face à la presse que "la parole dernière est celle du président". "Ce qui a primé, c'est la parole engagée", a abondé Manuel Valls, en arguant de la "cohérence" du chef de l'Etat qui "incarne l'unité de la nation".

Malgré des hésitations, François Hollande se montrait plutôt favorable à l'extension de la déchéance de nationalité. Il a donc tranché face à un Manuel Valls qui exprimait ces derniers jours davantage de réserves. "L'Elysée a hésité jusqu'à la dernière minute mais a préféré faire taire les critiques venant de la droite sur l'éventuel renoncement du chef de l'Etat", affirme Le Monde.

Une mesure critiquée à gauche

La mesure, très critiquée à gauche, emportait l'adhésion de la droite. Sans surprise, la gauche de la gauche exprime donc sa désapprobation mercredi. Eric Coquerel, du Parti de gauche, estime sur BFMTV que la décision est "un mauvais coup pour la République". 

"L'Union nationale c'est voter avec le FN et contre une large partie de la gauche et ses convictions. Et on prétend combattre le FN!", écrit la députée socialiste Marie-Noëlle Lienemann sur Twitter.

Eric Ciotti, député Les Républicains, évoque lui une "cacophonie extraordinaire". "Je me réjouis de cette décision", ajoute-t-il, mais "Christiane Taubira ne peut pas être la ministre qui portera ce projet de révision de la Constitution. Elle doit quitter le gouvernement".

Les débats portant sur le projet de loi de révision constitutionnelle auront lieu à partir du 3 février 2016 à l'Assemblée nationale.

A. K.