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Sarkozy, Juppé, Fillon, Le Maire: comment ils veulent réussir leur rentrée

Les cadres des Républicains, également candidats à la primaire - à l'exception de Nicolas Sarkozy, le 27 septembre 2015 à Nogent-sur-Marne.

Les cadres des Républicains, également candidats à la primaire - à l'exception de Nicolas Sarkozy, le 27 septembre 2015 à Nogent-sur-Marne. - Dominique Faget - AFP

A près de trois mois de la primaire à droite, la rentrée politique des responsables Les Républicains se prépare activement. Et laisse déjà entrevoir les tensions entre candidats.

Si la rentrée revêt chaque année une dimension particulière, la séquence de cette année promet d'être particulièrement riche, notamment à droite. Chez Les Républicains, elle représente le dernier élan avant la primaire des 20 et 27 novembre, qui doit désigner le candidat du parti à la présidentielle. Pas question donc de négliger ce moment. Chacun des candidats est donc dans les starting-blocs, prêt à mettre en scène son retour de vacances. 

C'est le dernier week-end d'août qui devait lancer les hostilités: le 27, Alain Juppé prévoit de faire sa rentrée à Chatou, dans les Yvelines, au cours d'un rassemblement en plein air. Après un passage à vide à la suite des récents attentats, laissant le champ libre à ses adversaires, le maire de Bordeaux veut reprendre la main. Sa journée de rentrée laisse peu de place à l'ambiguïté : elle est baptisée "trois mois pour gagner". Quatre jours plus tard, le 31 août, Alain Juppé sortira son quatrième livre, rapporte France Info, qui évoque "un ouvrage personnel". De quoi occuper encore l'espace médiatique pour quelques semaines.

Qui sera "le troisième homme"?

François Fillon, lui, a prévu de faire son retour le lendemain de son rival, le 28 août dans son fief de Sablé-sur-Sarthe. Au cours de l'été déjà, on l'a vu s'adonner à un exercice traditionnel de l'été politique: l'ascension de la Rhune, dans les Pyrénées, entouré de ses partisans. Une façon de fendre l'armure pour celui qui tente de donner une nouvelle impulsion à sa campagne. Le rendez-vous de Sablé sera consacré aux "valeurs" et aux thèmes régaliens. Objectif: ne pas laisser ce thème, récurrent notamment à cause des attentats, au duo rival Sarkozy-Juppé.

Après avoir sillonné les plages pendant une partie du mois d'août, Bruno Le Maire réunira à son tour ses militants et cadres les 17 et 18 septembre à Sète, dans l'Hérault, pour un séminaire de rentrée. L'occasion de faire travailler ses troupes sur son programme, à travers des ateliers, puis de lancer sa rentrée avec le traditionnel meeting de clôture, pour celui qui veut réaffirmer son image de "troisième homme" face aux mastodontes Juppé et Sarkozy.

Sarkozy bouscule le calendrier

Une agitation médiatique observée de près par le président de Les Républicains. A son poste pour quelques jours encore, il va pourtant devoir démissionner pour pouvoir se lancer réellement dans la campagne. Car s'il a déjà un QG de campagne, Nicolas Sarkozy n'est pas encore officiellement candidat: sa démission devrait intervenir entre le 21 et le 25 août. En attendant, le chef des Républicains n'a pas l'intention de laisser ses rivaux profiter des retombées médiatiques de leurs rendez-vous respectifs. Les 27 et 28 août, il devrait donc faire son apparition au campus national des Jeunes Républicains, au Touquet, aux côtés de Laurent Wauquiez, Eric Woerth et Xavier Bertrand. Un rendez-vous initialement prévu à Marseille le 3 septembre, annulé et relocalisé dans le Nord "pour des raisons de sécurité", selon les organisateurs.

Mais dans les équipes d'Alain Juppé et François Fillon, on ne manque pas de remarquer que la date coïncide curieusement avec les leurs. Du côté des jeunes Républicains, on balaie tout soupçon. "François Fillon peut venir samedi, et Alain Juppé dimanche", fait remarquer Geoffrey Carvalhihno, patron des Jeunes Républicains et proche de Nicolas Sarkozy, dans Le Parisien. Les concernés ne cachent pas leur agacement. Le campus, dont le budget dépasse largement celui des années précédentes, laissera-t-il entrevoir les relations tendues entre les rivaux? En 2015, Alain Juppé avait fait une courte apparition, avant de s'éclipser au moment du discours de Nicolas Sarkozy. Le patron des Républicains avait peu apprécié. Il pourrait bien tenir sa vengeance.

A. K.