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Rencontre de 5 députés LR avec Assad en Syrie: "Nous ne sommes dupes de rien"

Valérie Boyer a fait partie des cinq députés Les Républicains qui se sont rendus en Syrie pour Pâques en soutien aux chrétiens d'Orient. Elle est revenue sur BFMTV sur la controverse qui entoure ce voyage et leur rencontre avec le président Bachar al-Assad.

Ils sont rentrés ce lundi matin à Paris. Cinq députés Les Républicains se sont rendus en Syrie pour le week-end de Pâques à l'initiative de Thierry Mariani, et en solidarité avec les chrétiens d'Orient, une visite désapprouvée par les autorités françaises au cours de laquelle ils ont notamment rencontré le président syrien Bachar al-Assad.

La députée Valérie Boyer, qui était de ce voyage avec l'élu des Français de l'étranger, Nicolas Dhuicq, Denis Jacquat et Michel Voisin, est revenue sur BFMTV sur cette initiative controversée.

"Oui, effectivement la Syrie vit une guerre civile", a concédé l'élue des Bouches-du-Rhône, interrogée sur les massacres commis par la régime contre sa population.

"Ecoutez je crois que nous ne sommes dupes de rien mais aujourd’hui, c’est l’Etat islamique qui a déclaré la guerre à la France, pas la Syrie qui a déclaré la guerre à la France. Et c’est vrai que les Syriens que nous avons rencontrés là-bas nous ont dit tout l’intérêt et l’attachement qu’ils accordaient à la France", a-t-elle poursuivi.

"Hiérarchisation des dangers"

"Aujourd’hui la Russie, en aidant la Syrie, permet à l’Etat islamique (aussi appelé Daesh, Ndlr) de reculer", a-t-elle souligné juste après l'annonce de la reprise de la cité antique de Palmyre par l'armée syrienne.

"Je crois que c’est une bataille mondiale qui est la nôtre. En 1945, on ne s’est pas posé la question d’avec qui nous allions pactiser. La seule question que nous avons à nous poser, c’est comment unir nos forces pour lutter contre le terrorisme islamique?", a-t-elle ajouté.

Alors qu'on lui opposait que ce voyage était pointé du doigt y compris dans son propre parti, Valérie Boyer a fait valoir que "les parlementaires sont libres". "L’intérêt", a-t-elle expliqué, c'est de "montrer aux Syriens que la France ne les a pas oubliés".

"Il s’agit d’une hiérarchisation des dangers", a-t-elle encore dit. "Aujourd’hui, le plus grand danger pour nous, c’est le terrorisme islamique. C’est lui qui nous a déclaré la guerre. C’est lui qui a massacré des personnes à Bruxelles, c’est lui qui a massacré des personnes au Bataclan. C’est lui qui a créé Merah et Charlie, etc."

Plus de 270.000 morts

Depuis cinq ans, la guerre en Syrie a déjà fait plus de 270.000 morts et des millions de réfugiés. Les pourparlers de paix entre le régime syrien et l'opposition, sous l'égide de l'ONU, doivent reprendre à Genève autour des 9 et 10 avril.

En novembre déjà, Thierry Mariani s'était rendu avec quatre députés à Damas, où ils avaient notamment rencontré Bachar al-Assad. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault plaide pour "une vraie transition politique", voulant exclure un "retour au statu quo ante".

De son côté, le député socialiste Gérard Bapt, qui avait participé à un voyage controversé en Syrie en février 2015, a estimé vendredi dans un communiqué que l’UE et la France devaient "rétablir des contacts avec l’État syrien". Cela contribuerait au "climat positif" créé par "les initiatives russes en faveur du cessez-le feu et le retrait militaire partiel", a estimé le président du groupe d'amitié France-Syrie à l'Assemblée nationale.

V.R.