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Primaire UMP: crédité de plus de 10%, Bruno Le Maire façonne son personnage

Bruno Le Maire

Bruno Le Maire - Patrick Kovarik - AFP

Incontournable à droite depuis son score réalisé à la présidence de l'UMP fin 2014, Bruno Le Maire ne cache (presque) plus ses ambitions futures. Fort de sondages flatteurs, il entend ne pas manquer "sa rencontre avec les Français" avant de se décider. Pour mieux peser le moment venu.

Pour le moment, Bruno Le Maire n’est pas candidat à la primaire UMP mais "il se prépare", comme il l’a expliqué à Europe 1. Surtout que le challenger de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP fin 2014, arrive en troisième position des candidats UMP favoris de la droite et du centre pour la présidentielle. Deux récents sondages le positionnent ainsi à bonne distance de l’ancien chef de l’Etat et d’Alain Juppé mais en avance sur d’autres déjà déclarés comme François Fillon ou Xavier Bertrand. Bruno Le Maire est crédité de 12% par l’Ifop pour le JDD et de 11% chez Odoxa pour L’Express et France Inter.

Ce score à deux chiffres qui rappelle par exemple celui d’Arnaud Montebourg en 2011 au PS fait de l’ancien ministre de l’Agriculture un ténor de son camp. Il sera impossible de ne pas compter sur lui. "Je me prépare, et le jour où j'aurai pris une décision, je viendrai vous le dire. (…) Se préparer c'est quoi?, s’est-il interrogé sur Europe 1. C'est rencontrer les Français, c'est aller dans les communes, c'est aller voir des médecins, des infirmières, des policiers, des gendarmes, des instituteurs, discuter avec eux... C'est ça se préparer".

De nombreux déplacements à l'étranger

A propos de la primaire, organisée au sein de l’UMP par l’un de ses proches Thierry Solère, Bruno Le Maire disait sur BFMTV au début du mois: "Je pense qu’il est beaucoup trop tôt (malgré la victoire des départementales) pour dire, ça y est, la droite a retrouvé toute sa crédibilité et elle incarne un espoir pour les Français, c’est trop tôt. J’espère que les primaires nous donneront l’occasion de pouvoir dire haut et fort, ça y est, nous représentons un espoir."

Et pour assoir sa stature, Bruno Le Maire, germanophone confirmé, soigne aussi sa stature internationale. Il était lundi à Londres après avoir rencontré en février le secrétaire général de l'ONU Ban-Ki-Moon et accompagné Nicolas Sarkozy à Berlin pour rencontrer Angela Merkel. D'autres déplacements sont aussi prévus en Suisse et à Washington pour celui qui multiplie les mots virulents à l'encontre du Qatar ou de l'Arabie Saoudite.

La patience comme allié

En l’état, le tableau de la primaire est le suivant: François Fillon, Alain Juppé et les anciens ministres de Nicolas Sarkozy Xavier Bertrand et Christian Estrosi sont d'ores et déjà candidats à cette primaire. Nicolas Sarkozy n'a pas encore déclaré sa candidature, mais sa campagne pourrait être lancée à partir de fin septembre 2016. Et parmi les candidats potentiels qui ne sont pas encore déclarés figurent deux anciens ministres de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet et… Bruno Le Maire.

Ce dernier continue d’assurer que sa décision "ne sera pas connue avant début 2016". Et d’ajouter pour justifier sa retenue: "Les gens qui n'ont pas de sang-froid, je leur recommande de faire un autre métier que la politique".

Des accords et des contre-accords...

La patience permet également de nouer des accords. On ainsi été évoqué un accord à venir entre Fillon et Juppé quand Nicolas Sarkozy en privé se dit certain de l'emporter.

Si le score est serré, le capital actuel de Bruno Le Maire pèsera lourd. Suffisamment lourd pour s'être détaché d'Alain Juppé et jouer le rôle d'arbitre: dans le sondage qui le place en troisième homme le maire de Bordeaux et Nicolas Sarkozy ne sont séparés que par deux points en faveur du second.