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Primaire à droite: le grand écart des soutiens à Fillon, de l'UDI à l'extrême droite

François Fillon, le 18 juin 2015 - Niklas Halle'n - AFP

François Fillon, le 18 juin 2015 - Niklas Halle'n - AFP - Niklas Halle'n - AFP

A quelques jours du second tour de la primaire à droite, François Fillon bénéficie du soutien de plusieurs membres de l'UDI, au centre, mais aussi de certaines personnalités ou organisations d'extrême droite.

"Je reçois surtout des soutiens du centre en ce moment". Attaqué par son adversaire dans la course à la primaire à droite, François Fillon s'est défendu ce mercredi matin, interrogé sur Europe 1. Un peu plus tôt, Alain Juppé a pointé sur une autre radio, RTL, les soutiens d'extrême droite qui se sont déclarés pour François Fillon.

Un argument déjà soulevé par le maire de Bordeaux lors de son meeting de mardi soir à Toulouse. "J'observe que depuis quelques jours les soutiens de l'extrême droite arrivent en force pour cette équipe", a-t-il lancé, poussant un peu plus loin ses attaques sur le conservatisme de son adversaire.

En réalité, ces deux affirmations, celle d'Alain Juppé et celle de François Fillon, sont exactes. En dehors du camp de la droite républicaine, le candidat Fillon bénéficie d'un large éventail de ralliements, allant de l'UDI à l'extrême droite.

Morin, Sauvadet et Leroy prennent position pour Fillon

Côté centre, plusieurs parlementaires et anciens ministres ont publié mardi une tribune dans laquelle ils annoncent leur ralliement à François Fillon. Parmi eux, on trouve notamment Hervé Morin, François Sauvadet et Maurice Leroy.

Soulignant l'"expérience" et la "stature unanimement reconnue d'homme d'Etat" de l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, les élus centristes disent notamment ne rien vouloir "céder sur les principes et les valeurs qui fondent la République" et partager avec lui "l'ambition de desserrer l'étau fiscal et administratif qui étouffe l'activité économique". 

Jean-Christophe Lagarde choisit Juppé

Dans un communiqué distinct, le conseil national du Nouveau Centre, présidé par Hervé Morin, a annoncé avoir adopté une motion dans laquelle le parti s'engageait en faveur de François Fillon, "un homme d'expérience, de vérité et de courage". Une prise de position qui diverge de celle du président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, qui appelle de son côté à voter pour Alain Juppé. 

Alors que ses opposants reprochent au maire de Bordeaux d'être le "candidat de la gauche", François Fillon, qui jure n'avoir aucune alliance avec l'extrême droite, pourrait être embarrassé par d'encombrants soutiens situés de ce côté de l'échiquier politique.

Trois anciens cadres du FN penchent pour Fillon

Le maire d'Orange et député Ligue du sud Jacques Bompard a par exemple appelé mardi sur Twitter à voter pour François Fillon.

"Dimanche, je voterai Fillon. Juppé est encore plus à gauche qu'Hollande", écrit celui qui a été exclu de la direction du Front national en 2005.

Un autre ancien du FN, l'ancien secrétaire général Carl Lang, a formulé lui aussi son soutien à François Fillon, mais avec plus de nuances.

"Certaines positions - en particulier dans le domaine des relations internationales - de François Fillon peuvent sembler aller dans le bon sens", écrivait-il sur son blog lundi. "Il reste à confirmer au deuxième tour le rejet d’Alain Juppé", a-t-il déclaré. 

D'après l'AFP, le président du parti de la France n'entend cependant pas voter pour François Fillon lors du deuxième tour. 

Affinités diplomatiques

Aymeric Chauprade, l'ancien conseiller aux questions internationales de Marine Le Pen, vient compléter un trio d'ancien cadres du Front national qui ont donné leur préférence à François Fillon. Dans une interview à L'Express, le député européen désormais non inscrit explique avoir voté pour Nicolas Sarkozy lors du premier tour. Mais dimanche, il se reportera sur son ancien Premier ministre. Comme Carl Lang, il explique avoir des atomes crochus avec lui sur les thématiques internationales.

"Je voterai pour lui au second tour. Et ce, d'autant qu'il y a une convergence totale entre mes analyses et ce que dit François Fillon sur la nécessité de travailler avec la Russie et de remettre sur la table nos relations avec les monarchies sunnites du Golfe à cause de leurs ambiguïtés vis-à-vis du totalitarisme islamique", explique-t-il.

De la droite au FN, et inversement

S'il espère la victoire de François Fillon, c'est pour barrer la route à Marine Le Pen à la présidentielle.

"Il est capable d'attirer à lui une partie des voix de droite qui votent aujourd'hui Front national par dépit et par déception des Républicains qui ne portaient pas une ligne assumée", estime l'eurodéputé.

En dehors des anciens membres du FN, le groupe d'extrême droite xénophobe et anti-islam Riposte laïque a appelé lundi sur son site à voter Fillon "en masse", "pour contrer le vote musulman".

Mardi soir, des personnes venues assister au meeting de François Fillon à Lyon ont aussi aperçu Frigide Barjot, ex-égérie de la Manif pour tous, dans les gradins.

Charlie Vandekerkhove