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Primaire à droite: Juppé en perte de vitesse dans son duel avec Sarkozy

Alain Juppé est le favori des sondages, mais pour combien de temps?

Alain Juppé est le favori des sondages, mais pour combien de temps? - Eric Piermont - AFP

Leader des sondages d'opinion, Alain Juppé n'en reste pas moins menacé par ses concurrents, Nicolas Sarkozy en tête. Le maire de Bordeaux marque le pas, faute de passer à l'offensive.

Alain Juppé tiendra-t-il la distance? Parti grand favori de la primaire de la droite et du centre il y a quelques mois, l'ancien Premier ministre semble aujourd'hui ralentir le rythme. Dernier revers en date: l'émission "Vie politique" qui lui était consacrée sur TF1 et qui a fait un véritable flop d'audiences. Marque d'une diffuculté pour le maire de Bordeaux à tenir la distance.

Des sondages en baisse

Alain Juppé est toujours premier des sondages d'opinion, mais l'écart se resserre peu à peu. "On est dans une dynamique de recul pour Alain Juppé, et on le voit sondage après sondage" explique Gaël Sliman, président de l'institut Odoxa.

Ainsi, le 3 mai, un sondage Odoxa donnait Alain Juppé vainqueur au second tour, créditant le bordelais de 41% des suffrages, contre 24% à Nicolas Sarkozy. Trois semaines plus tard, la tendance s'inverse. Ifop le donne toujours vainqueur, mais le crédite de 35% des voix seulement, alors que son principal rival remonte à 27%.

La peur de Sarkozy

Alain Juppé le sait, son principal adversaire n'est autre que Nicolas Sarkozy. Dans les colonnes du Parisien, le favori ne cache pas son inquiétude face à la remontada entamée par l'ancien chef d'Etat. Pour Gaël Sliman, si le constat est juste, les solutions apportées ne le sont pas. Le patron d'Odoxa estime "que la stratégie d’Alain Juppé de se mettre en défense et d’attendre ne fonctionnera pas". "Il faut absolument changer de braquet et repasser à l’offensive" selon le sondeur.

"La victoire n'est pas acquise. Et je ne sous-estime pas la puissance de mobilisation de Sarkozy" assure Alain Juppé.

Alors, offensif Juppé? Pour l'instant, il s'interdit toute attaque personnelle contre ses adversaire. "C'est une compétition, pas une bagarre. Je m'efforcerai de ne pas répondre aux provocations... même si parfois ça me démange" reconnaît Juppé.

Une primaire qui s'annonce violente

Finalement, l'édile se laisse aller à une charge contre son adversaire, signe annonciateur d'une primaire qui sera tout sauf cordiale entre les ténors de la droite:

"Je connais l'énergie de Sarkozy et la façon dont il utilise contre toute éthique les moyens du parti pour faire campagne. Il y a là un vrai problème de morale" attaque Alain Juppé.

Depuis plusieurs semaines, Nicolas Sarkozy est sous le feu des critiques pour son double rôle de président-candidat au sein de LR. Au point que la Haute-Autorité de la primaire a du intervenir pour demander au président du parti de clarifier sa situation au plus vite.

P.A.