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Quand Sarkozy multiplie par cinq le "budget présidentiel" de son parti

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Remis à flot grâce à une cure d'austérité, le parti de Nicolas Sarkozy va mieux. Mais son dernier bilan laisse apparaître des dépenses qui vont bien au-delà d'une année préélectorale classique.

Les Républicains ont décidément du mal à gérer leurs finances. Mis sur la paille en 2013 par l'invalidation des comptes de campagne du candidat Sarkozy, empétré dans l'affaire Bygmalion, le parti de droite avait retrouvé l'équilibre. Mais Le Point révèle que les finances du parti ont été bousculées sous la présidence Sarkozy. Et certains l'accusent de profiter des fonds de Les Républicains pour faire sa propre campagne.

Le budget "présidentiel" multiplié par cinq

Les dépenses du président des Républicains sont toutes réunies sous le même chapitre de l'"Action politique". Ce poste du budget du parti comprend les dépenses de meeting, les déplacements et les frais de sondages commandés par la présidence du parti, occupée par Nicolas Sarkozy. C'est précisément sur ce point que quelque chose cloche.

Selon Le Point, le poste "Action politique" est passé de 1.449 millions d'euros en 2015 à plus de 6 millions en 2016. Les dépenses présidentielles du parti ont donc été multipliées par cinq sur ce poste alors que, comme le note un cadre du parti, "en temps normal, ce type de dépense a plutôt tendance à augmenter en période électorale. Or, 2016 est une année préélectorale".

Des explications qui ne convainquent pas

Logiquement, tous les regards se tournent vers Nicolas Sarkozy. Le présidend du parti, officiellement pas encore candidat à la primaire, se sert-il dans les caisses du parti pour mener sa campagne aux dépends de ses concurrents? Pas du tout selon Daniel Fasquelle, trésorier des Républicains, interrogé par l'hebdomadaire.

"Deux millions d'euros ont été prévus pour l'organisation d'un meeting de lancement du candidat désigné à l'issue de la primaire" affirme le député.

Problème: les candidats à la primaire n'ont jamais entendu parler d'un tel meeting. Thierry Solère, pourtant chargé de l'organisation de cette élection, s'étonne: "un meeting organisé pour le vainqueur? Première nouvelle". Même son de cloche pour Gilles Boyer, bras droit d'Alain Juppé qui "constate que les moyens dévolus à l'action politique du président du parti ont fortement augmenté. Pour Daniel Fasquelle, aucun problème à signaler. "Toutes les dépenses ont été présentées et votées à l'unanimité par le bureau politique" assure l'élu et trésorier.

Le double-rôle de Sarkozy exaspère

Preuve de l'agacement qui saisit les futurs concurrents de Nicolas Sarkozy dans la cours à l'investiture du parti, la Haute-Autorité pour la primaire a été saisie par François Fillon et Hervé Mariton. Ils accusent l'ancien chef d'Etat de faire campagne officieusement, mais en utilisant ses ressources de président du parti.

De son côté, Alain Juppé a pointé le "probèle éthique et moral" que pose cette double casquette de président-presque candidat. D'autant que comme l'a repéré Le Parisien, sur son site internet personnel, Nicolas Sarkozy se présente déjà... comme candidat à la primaire.