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PMA pour toutes: pour Retailleau, "il ne faut pas qu'on joue aux apprentis sorciers avec la nature humaine"

Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, était l'invité de BFMTV-RMC ce mercredi matin.

Le marathon parlementaire sur le projet de loi bioéthique a démarré mardi à l'Assemblée nationale, où la ministre de la Santé Agnès Buzyn a vanté une "chance" pour la société, face à une droite en majorité hostile à la mesure phare du texte, la PMA pour toutes les femmes. Invité ce mercredi matin sur BFMTV et RMC, Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a fait savoir qu'il votera contre le projet de loi. 

"Il ne peut pas y avoir un 'droit à l'enfant'"

Se disant "défavorable" à la PMA ouverte à toutes les femmes, Bruno Retailleau estime qu'il ne "faut pas jouer les apprentis sorciers avec la nature humaine". "Je pense que tant qu'on aura pas montré définitivement que pour se construire, un enfant n'a pas besoin de l'image du père, tant qu'on aura pas dit que le père compte pour rien, qu'on peut l'effacer, eh bien je pense qu'il faut appliquer le principe de précaution", a fait valoir le sénateur de Vendée. 

Et d'interroger: "On applique le principe de précaution, on s'en gargarise souvent, pour la nature. Pourquoi est-ce qu'on ne l'appliquerait pas sur la nature humaine". "Je comprends où est la souffrance, je comprends le désir d'enfant. Mais il ne peut pas y avoir un 'droit à l'enfant', il y a d'abord le 'droit de l'enfant'", a conclu Bruno Retailleau.

Outre la mesure phare maintes fois repoussée de l'extension de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, le vaste projet de loi sur la bioéthique aborde nombre d'autres sujets hautement sensibles. En 32 articles, il prévoit notamment une réforme de la filiation et de l'accès aux origines des enfants nés par don, et traite de l'autoconservation des ovocytes ou de la recherche sur les cellules souches embryonnaires.

Près de trois semaines de débats et plus de 2500 amendements sont au menu avant un vote solennel le 15 octobre. 

Adrienne Sigel