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Passe d'armes, huées: réunion de famille houleuse chez Les Républicains

Laurent Wauquiez lors de la clôture du conseil national des Républicains le 27 janvier 2018 à Paris

Laurent Wauquiez lors de la clôture du conseil national des Républicains le 27 janvier 2018 à Paris - Geoffroy Van Der Hasselt-AFP

Le patron du parti et la présidente de la région Île-de-France n'ont pas caché leurs divergences ce samedi lors du conseil national des Républicains à la Mutualité, à Paris. Le rassemblement attendra.

Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez ont affiché ce samedi leurs désaccords lors du conseil national des Républicains, au cours duquel le président du parti a accentué sa mainmise sur les instances, non sans créer quelques remous.

L'entrée remarquée de Valérie Pécresse

Sorte de Parlement du parti réuni à la Mutualité à Paris, le Conseil national a entériné la composition de plusieurs instances stratégiques, dont le bureau politique et la Commission nationale d'investiture (CNI). Mais c'est l'intervention de Valérie Pécresse, venue faire approuver la candidature de son mouvement "Libres!" associé au parti, qui a retenu l'attention.

Sous les acclamations de ses partisans et les huées de ses détracteurs, la présidente de la région Île-de-France a fait une entrée remarquée dans la salle, provoquant l'agacement de son président Jean Leonetti. Valérie Pécresse a encore récolté des huées en plaidant l'existence de "deux droites" qui seraient "réconciliables".

"Il y a une droite un peu plus conservatrice et une droite un peu plus progressiste, une droite un peu plus protectionniste et une droite un peu plus ouverte, une droite qui, à l'élection présidentielle a voté pour Emmanuel Macron et une autre qui ne l'a pas fait", a-t-elle lancé dans une ambiance électrique.

"Je ne laisserai plus les querelles d'ego affaiblir notre famille politique"

"Le temps des écuries est révolu", a rétorqué Laurent Wauquiez lors de son discours de clôture, auquel n'a pas assisté Valérie Pécresse, déjà repartie.

"Je ne laisserai plus les petits chapelles et les querelles d'ego affaiblir notre famille politique". "Je ne distribue pas de postes aux enchères pour acheter le silence des uns ou des autres, parce que ces petites cliques ont failli tuer les Républicains", a développé le patron de LR dans un discours par ailleurs offensif contre Emmanuel Macron.

"C'est dommage", cette "mise en scène". "C'était prémédité, vraiment tout ce qu'on n'a pas envie de voir" alors qu"'il faut vraiment prendre une loupe pour voir les différences entre Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez", a plaidé la porte-parole du parti, Lydia Guirous.

"C'est une purge. Fermeture à tous les étages"

La nouvelle composition du bureau politique et de la Commission nationale d'investiture a également fait quelques remous. Le vice-président du Sénat, Philippe Dallier, a claqué la porte de la fédération de Seine-Saint-Denis qu'il dirige après avoir vu son nom absent du bureau politique, de même que le maire d'Aulnay, Bruno Beschizza. "C'est une purge. Fermeture à tous les étages", a dénoncé une autre source parlementaire LR.

Sortent notamment du bureau politique le juppéiste Benoist Apparu, la députée des Alpes-Maritimes Michèle Tabarot et l'ex-Garde des Sceaux Rachida Dati. Ces dernières feront en revanche partie, comme le maire de Toulon, Hubert Falco, de la "dizaine" de "conseillers politiques" qui vont prochainement être nommés, a précisé l'entourage de Laurent Wauquiez.

L'ancien président du parti, Jean-François Copé, se retrouve, lui, écarté de la CNI dont la présidence a été confiée à Eric Ciotti, grand rival de Christian Estrosi. Très critique envers Laurent Wauquiez, Christian Estrosi, qui a lancé son mouvement "La France audacieuse", n'est plus membre du bureau politique.

"Le rassemblement de ceux qui pensent comme lui"

En revanche, Marine Brenier, élue dans son ex-circonscription des Alpes-Maritimes et qui vient de quitter le groupe Agir pour rejoindre LR à l'Assemblée, siègera à la CNI. "Le seul rassemblement que Laurent Wauquiez réussit à faire, c'est le rassemblement de ceux qui pensent comme lui", a raillé Pierre Liscia, proche de Florence Portelli. La maire de Taverny, dans le Val-d'Oise, conteste, comme l'autre ex-candidat Maël de Calan, une représentation trop faible de leurs proches dans les instances. Maël de Calan a fait savoir qu'il ne siégerait pas à la commission des investitures, bien que son nom y figure.

Le Conseil national a également entériné la désignation, à la présidence de la commission des recours, du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, dont la succession agite le Vieux-Port. Nouveauté: le parti a activé un article inusité de ses statuts en créant un "centre des études" dont la présidence va revenir à Bernard Accoyer.

C.H.A. avec AFP