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Migrants: pour Fillon, la solution passe par un dialogue avec la Russie

François Fillon assure que la mise en place de quotas ne réglera pas la crise migratoire en Europe.

François Fillon assure que la mise en place de quotas ne réglera pas la crise migratoire en Europe. - Jean-François Monier - AFP

François Fillon a réagi vendredi à l'émotion suscitée par la publication de la photo d'un enfant syrien mort sur une plage grecque. Pour l'ancien Premier ministre, l'Europe est responsable de cette situation en refusant de dialoguer avec la Russie et l'Iran.

La responsabilité de l'Europe dans la mort de Syriens fuyant la guerre dans leur pays est indéniable pour François Fillon. L'ancien Premier ministre, qui est l'un des premiers politiques à avoir publié la photo du jeune Aylan Kurdi, ce petit garçon de trois ans découvert mort noyé sur une plage de Grèce, a réagi vendredi matin à la crise humanitaire qui sévit en Europe.

"C'est normal que cette image vienne réveiller les consciences, vienne nous rappeler que nous avons un devoir d'accueil, de protection dont l'existence est menacée", a commenté, sur France Info, l'ex-locataire de Matignon. Mais après l'émotion, François Fillon appelle la France et ses partenaires européens à réagir en s'attaquant aux racines du problème.

Renouer le dialogue avec Moscou

Jeudi, François Hollande et Angela Merkel ont appelé à la mise en place d'un mécanisme permanent et obligatoire d'accueil. Une mesure qui ne permettra pas d'éviter ces drames, selon François Fillon. S'il juge que la question des quotas doit être réglée, pour lui, l'origine de cette situation est ailleurs. "Cet enfant n'est pas mort parce que l'Europe refusait de l'accueillir, il est mort parce qu'il fuit la guerre en Syrie", insiste-t-il.

"Si l'Europe a une responsabilité dans la mort de cet enfant, c'est de ne pas vouloir regarder avec réalisme la situation en Syrie, s'allier avec les Russes et les Iraniens pour mettre un terme, avec les pays de la région, à la guerre dans ce pays. C'est la priorité absolue."

Cette "priorité absolue" de se mettre autour d'une table avec Moscou et Téhéran "qui soutiennent Bachar al-Assad" pour mettre fin au conflit en Syrie, François Fillon la répète à plusieurs reprises au cours de cet entretien. "La priorité, c'est de cesser, au nom d'une morale internationale qui ne correspond pas à la réalité sur le terrain, de vouloir parler avec un certain nombre d'interlocuteurs sans lesquels cette crise ne sera jamais résolue", martèle-t-il.

Divergence chez les Républicains

Un paradoxe, quand plus tard, l'ancien Premier ministre qualifie le président syrien de "dictateur sanguinaire".

"Bachar al-Assad a évidemment toutes les caractéristiques d'un dictateur sanguinaire mais une fois qu'on a fait ce constat on ne peut pas rester immobile", décrypte François Fillon.

Avant de tacler ses collègues des Républicains, à l'instar d'Eric Woerth ou de Thierry Solère, deux proches de Nicolas Sarkozy, qui réclament une intervention des forces françaises sur le territoire syrien. "On ne va pas envoyer des soldats tout seul pour régler la situation en Syrie, pointe-t-il. Pour faire quoi? Pour s'allier avec Bachar al-Assad ou pour s'allier avec les gens de l'État islamique. Ceux qui proposent ça n'ont pas réfléchi."

J.C.