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Estrosi: des propos "imbéciles et dangereux"

Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice.

Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice. - -

Des associations de gens du voyage ont dénoncé, lundi, comme "xénophobes" les propos du député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, sur leur communauté, l'accusant de "déshonorer la République".

Le "mode d'emploi" que Christian Estrosi a livré dimanche sur Europe 1 pour "mater" les gens du voyage qui occupent des terrains "sans droit ni titre" provoque la colère des associations tsiganes.

Elles dénoncent lundi comme "xénophobes" les propos du député-maire UMP de Nice sur leur communauté, l'accusant de "déshonorer la République". De son côté, l'association Défense de la culture tsigane veut déposer plainte contre l'ex-ministre.

"C'est lamentable de la part d'un ancien ministre", a réagi Alain Daumas, président de l'Union française des associations tsiganes (UFAT). Par de tels propos, "on déshonore la République dans son ensemble, on entache notre drapeau tricolore d'une tache qui s'appelle la discrimination", a-t-il ajouté, reprochant à Christian Estrosi d'entretenir "l'amalgame" entre Roms et gens du voyage.

"Là, on est plus proche du FN que de l'UMP"

Le ministre délégué à la Ville, François Lamy, a qualifié, quant à lui, de "propos imbéciles et dangereux" les déclarations du député-maire UMP de Nice sur les gens du voyage et sur l'Islam.

Interrogé dimanche sur la récente occupation illégale de terrains par des gens du voyage dans sa ville, Christian Estrosi a dénoncé des comportements de "délinquants" et proposé de fournir à tous les maires de France son "mode d'emploi" pour les combattre.

"Les choses sont très claires, il y a une loi qui dit qu'il faut avoir des terrains d'accueil avec une certaine capacité, j'en ai pour Nice", a-t-il assuré au "Grand Rendez-vous" (Europe 1/i-Télé/Le Parisien), interrogé sur l'installation de plusieurs centaines de caravanes récemment à Nice.

Dès lors que des terrains sont occupés "sans droit ni titre", dans certains cas après effraction, la loi doit permettre d'"expulser", a-t-il ajouté, regrettant qu'une "circulaire Valls" de l'été dernier ne le permette plus, laissant les maires "livrés à eux-mêmes".

"Donc j'appelle les maires de France à la révolte quelque part et à utiliser le mode d'emploi qui est le mien", a ajouté l'élu des Alpes-Maritimes.

"Je vais envoyer mon mode d'emploi à tous les maires de France pour qu'ils sachent pendant tout l'été quels moyens utiliser face à un pouvoir socialiste qui ne les accompagne pas dans leur difficile mission", a-t-il insisté.

Islam et démocratie

L'ancien ministre UMP a également déclaré qu'islam et démocratie n'étaient "absolument pas" compatibles, contrairement à ce qu'a déclaré le président François Hollande lors de son voyage officiel en Tunisie.

"On ne peut pas se revendiquer de partout de la laïcité et en même temps dire que l'islam et la démocratie sont parfaitement compatibles", a-t-il ajouté.

"Moi quand je vois, au nom de l'islam, ce qui est en train de se passer en Egypte, (et) dans un certain nombre de pays du Moyen-Orient ou du Maghreb, je suis particulièrement inquiet. Et donc pour moi c'est parfaitement incompatible,", a-t-il répété. "Je veux qu'on défende l'idée de liberté, de démocratie, à partir du principe de la laïcité qui fait le modèle de notre pays".

M.R. avec AFP